Il s'appelle Moses (Toby Wallace), est un garçon bord cadre doublé d'un dealer à la petite semaine, et leur rencontre sur un quai de gare fait des étincelles. Jusque dans le foyer tendance dysfonctionnel de la lycéenne d'ailleurs, dont les parents, Henry (Ben Mendelsohn) et Anna (Essie Davies), un psychiatre et une pianiste ayant renoncé à sa carrière, voient la romance d'un oeil fort peu favorable. Avant de constater, un brin désemparés, que leur fille semble renaître au contact du jeune marginal, portée par un insatiable appétit de vivre aiguisé encore par l'issue annoncée de la m...

Il s'appelle Moses (Toby Wallace), est un garçon bord cadre doublé d'un dealer à la petite semaine, et leur rencontre sur un quai de gare fait des étincelles. Jusque dans le foyer tendance dysfonctionnel de la lycéenne d'ailleurs, dont les parents, Henry (Ben Mendelsohn) et Anna (Essie Davies), un psychiatre et une pianiste ayant renoncé à sa carrière, voient la romance d'un oeil fort peu favorable. Avant de constater, un brin désemparés, que leur fille semble renaître au contact du jeune marginal, portée par un insatiable appétit de vivre aiguisé encore par l'issue annoncée de la maladie. Si le sujet est éminemment casse-pattes, Shannon Murphy se joue avec maestria des clichés, évitant avec un incontestable brio les pièges du mélodrame larmoyant. À quoi elle préfère une approche sensorielle, signant une petite perle ultrasensible où l'énergie vitale l'emporte sur l'excès de pathos, la douleur s'accommodant d'humour -ainsi, notamment, dans la peinture non dénuée de piquant qu'elle fait de l'environnement familial de Milla. Le résultat est tout simplement épatant qui, s'il n'est pas sans évoquer la Jane Campion des débuts et de Sweetie en particulier, traduit aussi une sensibilité et une vision toutes personnelles, déclinées par petites touches au gré d'un scénario articulé en chapitres, et idéalement servi par la caméra ondoyante d'Andrew Commis. Non sans trouver en Eliza Scanlen (découverte auparavant dans Sharp Objects et vue entre-temps dans Little Women de Greta Gerwig), une interprète incandescente, la jeune comédienne vibrant au diapason de Milla pour en restituer la palette d'émotions diverses. Une composition à l'image du film, touchée par la grâce.