Critique

[critique ciné] Serre-moi fort, mélodrame qui se dérobe

Jean-François Pluijgers
Jean-François Pluijgers Journaliste cinéma

Mathieu Amalric réussit un beau film de fantômes, auquel Vicky Krieps, superbe, réussit à donner un tour hanté et ancré à la fois…

Quatre ans après avoir livré un portrait en pointillés de la chanteuse Barbara, Mathieu Amalric signe avec Serre-moi fort, adaptation toute personnelle de la pièce Je reviens de loin de Claudine Galéa, un nouveau film au féminin. Soit l’histoire de Clarisse (Vicky Krieps), une femme laissant derrière elle mari (Arieh Worthalter) et jeunes enfants (Anne-Sophie Bowen-Chatet et Sacha Ardilly), et quittant leur maison au volant de son AMC Pacer break vintage pour ce qui pourrait être une nouvelle vie. Voilà du moins pour les apparences d’un film qui « semble être l’histoire d’une femme qui s’en va« , mais dont il s’avère bientôt qu’il est surtout en phase avec son imaginaire tourmenté. Pour adopter la forme d’une errance physique et mentale à laquelle le réalisateur donne des contours sinueux, brouillant les pistes narratives et emmêlant les époques comme pour mieux épouser la confusion qui habite sa protagoniste centrale. Maintenant un équilibre précaire entre le dit et le non-dit pour ne se dévoiler que par bribes, il y a là un beau film de fantômes, auquel Vicky Krieps, superbe, réussit à donner un tour hanté et ancré à la fois…

De Mathieu Amalric. Avec Vicky Krieps, Arieh Worthalter, Aurélia Petit. 1h37. Sortie: 08/09. ***(*)

Lire aussi notre interview de Mathieu Amalric.

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