Critique scènes: Un show pour le climat

Estelle Spoto
Estelle Spoto Journaliste

Installé au Heysel pendant près de quatre mois, The Climate Show est un spectacle interactif qui entend informer sans déprimer pour stimuler nos capacités d’action face à l’urgence climatique. Indispensable et incontournable!

« Nous savons, mais nous n’agissons pas« , soulignait François Gemenne, spécialiste international des questions de géopolitique de l’environnement, auteur principal pour le GIEC et président de l’association Climate Voices, lors de la conférence de presse présentant The Climate Show. À la croisée du théâtre, de la création vidéo et de la conférence interactive, cette expérience hybride d’un nouveau genre entend « activer un processus de déblocage climatique » pour dépasser notre paralysie face à la catastrophe qui s’annonce. Le temps de la conscientisation est derrière nous, maintenant il faut passer à l’action.

Habilement et de manière ludique, The Climate Show déconstruit les freins habituels qui nous maintiennent dans la posture du lapin effrayé, immobile dans la lumière des phares. Il s’agit de dépasser nos blocages par l’intermédiaire de Camille, membre du public invitée à prendre place dans le fauteuil central, au milieu de trois écrans géants. Avec d’un côté son amie Luna (l’ange, en stage de permaculture dans une ferme ardennaise) et de l’autre son copain Thomas (le démon, en vacances aux Canaries), Camille va se poser et nous poser toute une série de questions percutantes, provocantes, dérangeantes, qui permettent un recadrage nécessaire. Par exemple, « faut-il mettre en place une politique de natalité? » ou « faut-il faire payer les pays les plus riches? » Chaque siège de l’auditoire est équipé d’un boîtier qui permet de voter anonymement et les résultats sont affichés en direct.

Critique scènes: Un show pour le climat
© Tempora Production

Réussissant à responsabiliser sans culpabiliser, The Climate Show (une coproduction franco-belge fruit d’un partenariat entre Tempora Production, Demeter, Cap Sciences et Climate Voices) expose les faits avec limpidité, rythmé par les interventions éclairantes de personnalités comme le réalisateur et militant Cyril Dion (Demain, le récent Animal) ou Lucie Pinson, directrice de Reclaim Finance. Il déjoue les fausses solutions, cible notre tentation de rejeter la faute sur les autres (c’est pas moi, c’est les entreprises; c’est pas moi, c’est les Chinois, etc.) et invite à « inventer une nouvelle histoire » où nous ne considérerons plus ce qui nous entoure « comme de la matière inerte à exploiter mais comme un tissu dans lequel nous sommes enchâssés« . The Climate Show souligne utilement que les 10% les plus riches de la population mondiale produisent 50% des émissions de gaz à effet de serre et que « les populations les plus riches, c’est nous! » Il fait comprendre au final que c’est en modifiant notre mode de vie -notre manière de manger, de nous habiller, d’épargner, de nous déplacer, ce que nous achetons ou choisissons justement de ne pas acheter…- que nous pouvons éviter de foncer droit dans le mur et activer la « construction commune d’un futur désirable« .

The Climate Show: Du 10 mars au 30 juin à Brussels Expo (Palais 2 du Heysel) à Bruxelles, www.theclimateshow.eu

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