Dour Festival : le baromètre du mercredi

illustration picture shows the first day of the 32st edition of the 'XXL' Dour festival in Dour, on Wednesday 13 July 2022. The festival takes place from 13 to 17 July. BELGA PHOTO HATIM KAGHAT

JJ et Caba se clashent, Parcels fait tourner la boule à facettes, Nyege Nyege met le feu à la Chaufferie, et Goldie annule. Retour sur les faits saillants et concerts coup de coeur de mercredi.

Les plus fonky : Charlotte Adigéry & Bolis Pupul

Vu (AB), et revu (Rock Wercher), et toujours plus qu’approuvé. Charlotte Adigéry & Bolis Pupul sont des stars et l’ont encore démontré dans la Maison dans la petite prairie, avec leur set condensé en une sorte de long mix électro-post-pop. Faut les voir – elle, Gantoise d’origine antillaise, et lui, métisse sino-belge – chanter de manière guillerette, presque comme une comptine, « go back to your country where you belong ». Ici, on danse autant qu’on pense, toujours avec humour et un goût certain pour dénicher l’absurde – « c’est la première fois qu’on joue entre deux urinoirs », fait remarquer Charlotte, morte de rire.

Le plus French Touch : Parcels

Après avoir retourné Werchter il y a quinze jours, les Parcels ont remis le couvert à Dour. Exactement au même endroit (La Petite Maison dans la prairie) où on les avait découverts en 2018. Les Australiens de Berlin ont le sens du groove et le goût du funk. Connaissent leur Nile Rodgers et les grandes heures de la French touch. C’est davantage Phoenix que Daft Punk (avec lequel ils ont collaboré) mais ça reste d’une efficacité redoutable.

Le plus wild : Nyege Nyege

Faut d’abord la trouver, la Chaufferie. Planquée dans un recoin, la scène fut pourtant l’une des plus bouillantes de la journée. Pour cause, c’est le label électronique ougandais Nyege Nyege qui en avait reçu les clés. Du son punk hystérique du singeli – la musique des quartiers déshérités de Dar Es Salaam – au bubbling, sorte de fusion entre gabber et dancehall, signé De Schuurman, producteur néerlandais, en passant par le set commando terrifiant de la Sud-Soudanaise Turkana, on a enchaîné les claques.

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Les plus « entertaineurs » : Caballero & JeanJass

Parti chacun en solo ces derniers temps, Caba et JJ se retrouvent sur scène pour simuler le clash. Les piques s’enchaînent, ça s’énerve, ça s’insulte. Mais pas assez que pour briser la bromance entre les deux rappeurs. Au bout du compte, c’est même un nouveau carton pour le duo. C’est clair, les frères pétards du rap belge étaient chez eux à Dour. Tellement bien qu’ils ont annoncé qu’ils seront déjà de retour dimanche pour un set surprise, en mode Zushi Boyz ! 

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Le plus collectif : Jazzy Bazz

Les membres de l’Entourage le savent : ils sont toujours reçus comme des rois à Dour. Cela s’est encore vérifié avec Jazzy Bazz. Du rappeur parisien, on a tendance à souvent préférer les moments les plus mélancoliques, mettant en scène le spleen urbain. Pour le coup, dans la Boombox, il a surtout jouer ses morceaux les plus « offensifs ». C’est de bonne guerre, a fortiori dans le cadre d’un festival. D’ailleurs, à force de taper sur le clou, accompagné de ses camarades (Esso Luxueux, etc, sur Hier Encore), Jazzy Bazz a réussi son coup.

Le plus chaud : The Bug

Musicien, producteur et journaliste anglais exilé à Bruxelles, Kevin Richard Martin (Techno Animal, King Midas Sound) sortait l’an dernier Fire. Un disque brûlant et furieux, le cinquième sous le nom de The Bug, pour danser l’apocalypse. Hip hop, raga électro, techno, jazz, métal, dub… Le coeur de Martin balance autant que les fesses de son public. Flanquée de Flowdan (qui a comme Moor Mother participé à l’album), la bestiole a fait mouche avec ses grosses basses distordues. Son mélange de dancehall et de boucan industriel. Fiyah…

Le plus cuivré : ECHT!

Non, le jazz, c’est pas que pour les vieux, assis, attablés, avachis, à Flagey, Rossignol ou Gouvy. Les Bruxellois de Echt! en ont fait la preuve éclatante mercredi. Les Cats qui mélangent allègrement le genre au hip hop et aux musiques électroniques ont même fait péter les cuivres. Un avant-goût plein de souffle de ce qui vous attend samedi au Labo avec la prog jazzy de Lefto.

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