Couleur Café a attiré quelque 67.000 festivaliers

FocusVif.be Rédaction en ligne

Quelque 67.000 festivaliers comptabilisés durant le week-end, les journées de vendredi et samedi qui affichent complet : Couleur Café a bel et bien réussi son retour au Parc d’Osseghem, après deux ans de disette.

On l’a déjà écrit par ailleurs, le festival n’a jamais caché ses inquiétudes. A la fois par rapport à l’explosion des cachets des grosses pointures internationales, et au sujet du plateau du Heysel, qui voit se multiplier les propositions musicales durant tout l’été. Une fois encore, Couleur Café a toutefois montré qu’il avait les ressources nécessaires pour continuer l’histoire démarrée maintenant il y a plus de trente ans.

Si l’adaptation est la clé de la réussite, alors le festival a prouvé qu’il était capable de retomber sur ces pattes, y compris après une pandémie qui aura frappé le secteur de plein fouet. En septembre dernier, Couleur Café avait même tenté une formule alternative au City Gate, à Anderlecht. En plus petit comité, mais avec cette capacité à perpétuer un état d’esprit, une atmosphère, que l’on ne retrouve que rarement ailleurs.

Malgré des conditions météo pas toujours idéales, c’est précisément ce cachet Couleur Café que l’on a pu expérimenter durant trois jours. A quoi tient-il ? C’est toujours compliqué à définir, mais, au risque de brasser des banalités, il faut répéter à quel point le public de l’événement est ici mélangé, brassant familles à poussettes et étudiants venus fêter la fin des examens, francophones et Flamands, Noirs et Blancs, etc. Et qui pour deux tiers sont des femmes, précisaient les organisateurs, « contrairement à de nombreux autres festivals ». Et puis, si ce public n’est pas forcément « pointu », il est toujours curieux. C’est l’autre réussite d’un événement qui parvient à renouveler son « contrat de confiance » avec ses festivaliers.

Equilibre entre découvertes et têtes d’affiche

Là aussi, il a évolué au fil des années, mais en cherchant toujours l’équilibre entre découvertes et têtes d’affiche, ligne historique et nouvelles tendances. On a encore pu s’en rendre compte dimanche, avec une programmation qui proposait à la fois la Cap-verdienne Elida Almeida et sa pop mâtinée de batuque traditionnel, et, en clôture de la grande scène, l’Argentine Nathy Peluso et son hip hop/r’n’b offensif. Au même moment, sur la Green Stage, les Sud-Africains de BCUC ont de nouveau filé une grosse claque avec leur groove brut de décoffrage. Manquait éventuellement l’une ou l’autre grosse cartouche latino pour compléter l’affiche, et lui permettre de refléter encore mieux les dernières secousses de la pop globale…

Dans le même temps, le festival a su aussi rester attentif à la scène locale. Dimanche, c’est par exemple TiiwTiiw, qui, sauf erreur, se retrouvait pour la première fois sur la scène d’un gros festival belge. « Le Bruxellois le plus célèbre dont vous n’avez (probablement) jamais entendu parler », annonçait Couleur Café, rappelant qu’en dépassant le milliard de vues sur Youtube, il faisait mieux que des stars comme Angèle ou Damso (ensemble !). Sa recette ? Un raï de fête de mariage – impeccable formation clavier, basse, batterie, derbouka -, à l’autotune assumé, et aux envies rassembleuses, capable de citer les musiques urbaines du moment comme de glisser tout à coup un piano cubain ou une guitare flamenco dans sa chaloupe. « J’ai toujours dit que le fait d’avoir deux cultures était une force », rappelle Iliass Barni, Molenbeekois aux racines marocains (Tanger). Avant de ponctuer « Je suis très fier d’être Belge ! ».

Hasard du planning : alors que TiiwTiiw terminait son concert, deux autres stars bruxelloises étaient également à l’honneur. Des habitués de la maison : DJ Lefto, pour trois heures de set sur la Black Stage, et le groupe Stikstof sur la scène principale, rappant en néerlandais dans le texte, remuant une plaine bondée (« the king of pogo is back, t’inquiètes »). Et ce deux jours après le passage tout aussi réussi de Zwangere Guy au même endroit. Ici, c’est BX !

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