Chez Francofaune, on a toujours aimé se lancer des défis -comme celui de proposer des cartes blanches aux artistes ou de mettre en place des Secrètes sessions. Alors vous imaginez bien que ce n'est pas un virus qui allait avoir raison de l'enthousiasme légendaire du festival. La 7e édition aura donc bien lieu, même si l'événement s'adapte évidemment à la situation sanitaire. Sa philosophie, elle, ne change pas. S'alliant notamment avec les Nuits Bota, Francofaune entend jeter un regard, toujours aussi curieux et décomplexé, sur la francophonie musicale.

Parmi la quarantaine de concerts annoncés, répartis sur une douzaine de lieux bruxellois, on peut notamment pointer la soirée avec Alain Chamfort et Jacques Duvall, dont les chansons seront réarrangées par Boris Gronemberger (lire notre interview croisée), une carte blanche offerte au rappeur Peet, une autre à Maï Ogawa (moitié d'Alek et les Japonaises), le néo-quinqua Stef Kamil Carlens en français au 140, Julien Gasc au Mima, la toujours passionnante Léonore Boulanger au Brass, ou encore le r'n'b de Leo Fifty Five, à la Maison de la création à Laeken.

L.H.

Francofaune, du 2 au 17/10, dans 12 lieux à Bruxelles. Infos: www.francofaune.be

Mettre en place un festival en temps de Covid, faune le faire

En juillet dernier, on annonçait déjà les chamboulements qu'avait dû subir l'organisation de Francofaune, crise sanitaire oblige. Trois mois plus tard, le festival est bien maintenu, mais a encore dû être remanié à maintes reprises. On retrace le fil avec ses deux co-directeurs, Céline Magain et Florent Le Duc.

Céline Magain: "Quand le virus s'est fait de plus en plus présent, on a continué la programmation du festival en se disant qu'il fallait le créer si on voulait qu'il puisse avoir lieu. On s'est dit qu'on allait attendre les dernières normes sanitaires pour être sûr. La seule chose qu'on a décidée assez vite, c'est que la présence des Canadiens, on savait que ça allait être compliqué. Comme c'était déjà compliqué de voyager à l'intérieur du Canada, c'était pratiquement sûr que personne ne viendrait, avec le plaisir de se prendre une quarantaine en rentrant."

"C'est fin août, début septembre que tout a commencé à bouger, parce qu'il fallait valider les choses. On vit au quotidien les chamboulements et les changements de date. On passe du temps à réorganiser ce festival presque tous les jours. On espère que là, on a une version qui tient bon. On est super contents d'avoir réussi à maintenir tous les concerts en live dans les salles. Seuls quatre concerts ont été annulés, deux ont été remplacés. Sur toute la programmation, c'est vraiment énorme. Le fait que tout ça existe malgré les jauges réduites, pour nous, c'est vraiment important. C'est important pour les artistes. Et pour tous ceux qui dépendent du fait que les événements aient lieu ou pas. Les attachés de presse, par exemple."

Florent Le Duc: "Il y a un message de fond derrière tout ça. Au printemps, on a pris ça en pleine face comme tout le monde. On était dans une certaine torpeur. Je pense que c'est la discussion avant l'annonce du report des Nuits Botanique qui nous a sortis de notre torpeur: on s'est dit OK, il va se passer des choses à l'automne, il faut qu'on slalome avec les Nuits pour arriver à être présents. On a eu peur qu'il y ait un tsunami de reports, et au final, malheureusement ou heureusement, il y a peu d'offre en ce moment. Le Festival des Libertés ne sera pas là, plein de gros événements qui n'ont pas lieu."

"Derrière, ça vient questionner un certain modèle d'événements culturels. Les macro-événements avec des scènes de plusieurs dizaines de milliers de personnes, ce volet-là du secteur est clairement à l'arrêt, et on ne sait pas quand ça va reprendre. Est-ce qu'un modèle de durabilité, ce ne serait pas des concerts à taille humaine, plus dans la proximité? Francofaune passe sous le radar Covid pour l'instant. On adapte nos jauges, il y a certains artistes qui ne savent pas venir: je pense à Julien Gasc, dont les musiciens londoniens ne seront pas là. Mais dans l'ensemble, le festival tient, alors que Werchter, Dour... sont annulés. Il y a des modèles économiques ailleurs qui ne peuvent pas fonctionner. Là où nous, grâce aux subsides -il ne faut pas se leurrer-, on tient la route. Ça devient un rôle politique que de soutenir la culture dans un schéma comme celui-ci. C'est un travail de militant qu'on fait, pour maintenir ce lien avec des formats à taille humaine."

Propos recueillis par Kevin Dochain

Chez Francofaune, on a toujours aimé se lancer des défis -comme celui de proposer des cartes blanches aux artistes ou de mettre en place des Secrètes sessions. Alors vous imaginez bien que ce n'est pas un virus qui allait avoir raison de l'enthousiasme légendaire du festival. La 7e édition aura donc bien lieu, même si l'événement s'adapte évidemment à la situation sanitaire. Sa philosophie, elle, ne change pas. S'alliant notamment avec les Nuits Bota, Francofaune entend jeter un regard, toujours aussi curieux et décomplexé, sur la francophonie musicale. Parmi la quarantaine de concerts annoncés, répartis sur une douzaine de lieux bruxellois, on peut notamment pointer la soirée avec Alain Chamfort et Jacques Duvall, dont les chansons seront réarrangées par Boris Gronemberger (lire notre interview croisée), une carte blanche offerte au rappeur Peet, une autre à Maï Ogawa (moitié d'Alek et les Japonaises), le néo-quinqua Stef Kamil Carlens en français au 140, Julien Gasc au Mima, la toujours passionnante Léonore Boulanger au Brass, ou encore le r'n'b de Leo Fifty Five, à la Maison de la création à Laeken. L.H.