Des tournées, des concerts, des spectacles et des festivals annulés et reportés durant plus d'un mois. Voici la conséquence directe du coronavirus sur l'industrie culturelle. Le premier et le plus dramatique effet est évidemment financier. Pour de nombreux artistes, se produire devant un public est actuellement la source majeure de leurs revenus. De l'autre côté, les organisateurs ayant engendré des frais parfois non-annulables se retrouvent en perte.

Les salles de concerts et organisateurs d'évènements ne parviennent pas toujours à reporter, alors que c'est la solution la moins désastreuse financièrement. Reporter une date d'un artiste local, c'est relativement facile; lorsqu'il s'agit d'un artiste international qui doit s'inscrire dans une tournée, c'est une autre paire de manches. En plus des reports évoqués dans notre article sur les annulations et reports provoqués par le coronavirus, des festivals belges comme l'Inc'Rock (30 avril au 2 mai) et le Durbuy Rock (17-18 avril) sont reportés à septembre. D'autres, comme le Festival de Cannes, devront être reportés ou annulés en raison de leur caractère international. Un vide financier énorme pour tous les acteurs de ce secteur.

Certains artistes ont du mal à faire face à cette perte. C'est le cas par exemple du groupe australien Deez Nuts, qui avait programmé une tournée européenne du 4 au 28 mars. Arrivé au début de cette période tumultueuse, le groupe a dû renoncer à donner ses concerts. Malheureusement, les billets d'avion, la location d'un bus, de techniciens et matériel avaient débuté. Le groupe de punk-hardcore chiffre les pertes à 15.000 $ australiens (soit 8.400 euros). Un déficit pur qui s'accompagne d'un manque à gagner suite aux cachets qui ne seront pas touchés, et aussi au merchandising invendu. Deez Nuts a donc décidé de lancer un crowdfunding afin de sortir le groupe de cette situation pouvant mettre en péril leur carrière internationale.

Une flambée de la création artistique?

Le cloisonnement de la population pour les semaines à venir semble encourager de nombreux artistes à accélérer la production de leurs oeuvres. Bien qu'ils soient encore autorisés à Bruxelles, les tournages de films ou séries sont irréalisables compte tenu du monde qu'ils rassemblent et donc du risque sanitaire encouru. Mais en 2020, à l'heure du numérique, chacun peut opérer derrière son ordinateur. Le rappeur Georgio, par exemple, a déjà signalé que ce confinement allait accélérer la finalisation de son nouvel album.

A big thank you to everyone for tuning in with us! Stay tuned for the second session as we’ll be playing some other songs

Geplaatst door Black Mirrors op Zondag 15 maart 2020

La fermeture des salles de concerts a aussi poussé les artistes à se produire de chez eux. Dans des salles vides, des locaux de répétitions ou des salons, couplé à un live Facebook ou YouTube: voici comment offrir de la musique à sa communauté dans n'importe quelle situation. Samedi 21 mars, le groupe Kadavar donnera un concert en streaming depuis son studio, pendant que le groupe belge Black Mirrors offre une session acoustique à partir de son salon. -M-, Chris Martin (Coldplay), Marka et Jean-Louis Aubert ont fait de même. Laurent Garnier a mis en ligne 7 heures de mix. L'Ancienne Belgique a lancé son opération "AB Canapé", avec chaque jour la vidéo intégrale d'un concert mémorable qui a eu lieu dans ses murs (premier "invité" et non des moindres: Iggy Pop). La liste des initiatives va bien entendu continuer de s'allonger.

Des marques ont décidé de rendre la vie plus musicale aux gens confinés. Deux applications deviennent gratuites pour un temps limité à cette quarantaine: Minimoog (des synthétiseurs Moog) et Kaossilator (des synthés Korg). Une bonne occasion de débuter dans la musique ou de tester de nouveaux programmes de création.

Ces semaines de confinements feront peut-être naître une vague d'oeuvres. Le moral ne semble pas être au plus bas, réponse dans quelques semaines ou mois.

Clément Larue

Des tournées, des concerts, des spectacles et des festivals annulés et reportés durant plus d'un mois. Voici la conséquence directe du coronavirus sur l'industrie culturelle. Le premier et le plus dramatique effet est évidemment financier. Pour de nombreux artistes, se produire devant un public est actuellement la source majeure de leurs revenus. De l'autre côté, les organisateurs ayant engendré des frais parfois non-annulables se retrouvent en perte. Les salles de concerts et organisateurs d'évènements ne parviennent pas toujours à reporter, alors que c'est la solution la moins désastreuse financièrement. Reporter une date d'un artiste local, c'est relativement facile; lorsqu'il s'agit d'un artiste international qui doit s'inscrire dans une tournée, c'est une autre paire de manches. En plus des reports évoqués dans notre article sur les annulations et reports provoqués par le coronavirus, des festivals belges comme l'Inc'Rock (30 avril au 2 mai) et le Durbuy Rock (17-18 avril) sont reportés à septembre. D'autres, comme le Festival de Cannes, devront être reportés ou annulés en raison de leur caractère international. Un vide financier énorme pour tous les acteurs de ce secteur.Certains artistes ont du mal à faire face à cette perte. C'est le cas par exemple du groupe australien Deez Nuts, qui avait programmé une tournée européenne du 4 au 28 mars. Arrivé au début de cette période tumultueuse, le groupe a dû renoncer à donner ses concerts. Malheureusement, les billets d'avion, la location d'un bus, de techniciens et matériel avaient débuté. Le groupe de punk-hardcore chiffre les pertes à 15.000 $ australiens (soit 8.400 euros). Un déficit pur qui s'accompagne d'un manque à gagner suite aux cachets qui ne seront pas touchés, et aussi au merchandising invendu. Deez Nuts a donc décidé de lancer un crowdfunding afin de sortir le groupe de cette situation pouvant mettre en péril leur carrière internationale. Le cloisonnement de la population pour les semaines à venir semble encourager de nombreux artistes à accélérer la production de leurs oeuvres. Bien qu'ils soient encore autorisés à Bruxelles, les tournages de films ou séries sont irréalisables compte tenu du monde qu'ils rassemblent et donc du risque sanitaire encouru. Mais en 2020, à l'heure du numérique, chacun peut opérer derrière son ordinateur. Le rappeur Georgio, par exemple, a déjà signalé que ce confinement allait accélérer la finalisation de son nouvel album. La fermeture des salles de concerts a aussi poussé les artistes à se produire de chez eux. Dans des salles vides, des locaux de répétitions ou des salons, couplé à un live Facebook ou YouTube: voici comment offrir de la musique à sa communauté dans n'importe quelle situation. Samedi 21 mars, le groupe Kadavar donnera un concert en streaming depuis son studio, pendant que le groupe belge Black Mirrors offre une session acoustique à partir de son salon. -M-, Chris Martin (Coldplay), Marka et Jean-Louis Aubert ont fait de même. Laurent Garnier a mis en ligne 7 heures de mix. L'Ancienne Belgique a lancé son opération "AB Canapé", avec chaque jour la vidéo intégrale d'un concert mémorable qui a eu lieu dans ses murs (premier "invité" et non des moindres: Iggy Pop). La liste des initiatives va bien entendu continuer de s'allonger. Des marques ont décidé de rendre la vie plus musicale aux gens confinés. Deux applications deviennent gratuites pour un temps limité à cette quarantaine: Minimoog (des synthétiseurs Moog) et Kaossilator (des synthés Korg). Une bonne occasion de débuter dans la musique ou de tester de nouveaux programmes de création.Ces semaines de confinements feront peut-être naître une vague d'oeuvres. Le moral ne semble pas être au plus bas, réponse dans quelques semaines ou mois. Clément Larue