Ils font partie de ces romanciers - rares mais heureux - dont les sorties se commentent d'abord en chiffres, et ce dès le communiqué de presse qui accompagne leur dernière sortie: l'Américain A. J. Finn et son premier roman "le plus vendu de l'année aux Etats-Unis" (La Femme à la fenêtre, aux Presses de la Cité), le Norvégien Jorn Lier Horst "traduit en 26 langues et écoulé à plus de 2,5 millions d'exemplaires" ou encore le Français Bernard Minier, "2,3 millions d'exemplaires vendus en six ans et traduit en vingt langues". Trois auteurs de thrillers, très différents, mais tous en lice pour devenir des hyperbest réalisant des chiffres de vente hors norme. Un très petit cercle de blockbusters qui font du thriller, genre littéraire marqué plus que d'autres par les notions de suspense, de tension narrative et de formatage, le nouveau roi des librairies: plus d'une fiction sur quatre vendue tient du genre policier. Un succès devenu phénomène depuis quelques années en France et en Belgique, avec une kyrielle de titres et d'auteurs anglo-saxons adeptes depuis longtemps des plots, des twists et des MacGuffin que l'on apprend dans des cours d'écriture pour réaliser de bons pageturners, mais aussi avec une nouvelle génération de Français (Maxime Chattam, Franck Thilliez, Jean-Christophe Grangé, Michel Bussi...) désormais convertis à l'efficacité plus qu'à la chose littéraire, et visant clairement le grand public plus que les prix. Mais suffit-il d'être efficace, ou parfaitement formaté, pour pondre un thriller best-seller voire hyperbest? Autant poser directement la question aux principaux concernés.
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