La fiche de Donald Trump sur l'Internet Movie Data Base nous crédite le très bientôt ex-président des États-Unis au générique de 26 tournages en tant qu'"acteur". En 1989, il apparaît dans le clip On Our Own de Bobby Brown, un extrait de la bande originale du film Ghostbusters 2. Suivront des "caméos" dans pas mal de comédies, surtout romantiques et souvent new-yorkaises: Des Jours et des vies, Marmalade, L'Amour sans préavis, Zoolander, Sex & The City, Studio 54... En 1994, Trump "interprète" le père de Waldo dans The Little Rascals. Ce sera sa seule "composition". Quand Trump apparaissait à l'écran de cinéma, il y restait la plupart du temps Donald Trump et s'il apparaissait à l'écran de cinéma, c'était généralement en échange de la permission de tourner dans l'un de ses hôtels ou de ses immeubles. C'est Chris Colombus, le réalisateur de Home Alone 2, qui avait lâché en premier à la presse que si on désirait tourner une scène dans un endroit dont Donald Trump était propriétaire, Donald Trump exigeait d'apparaître dans le ...

La fiche de Donald Trump sur l'Internet Movie Data Base nous crédite le très bientôt ex-président des États-Unis au générique de 26 tournages en tant qu'"acteur". En 1989, il apparaît dans le clip On Our Own de Bobby Brown, un extrait de la bande originale du film Ghostbusters 2. Suivront des "caméos" dans pas mal de comédies, surtout romantiques et souvent new-yorkaises: Des Jours et des vies, Marmalade, L'Amour sans préavis, Zoolander, Sex & The City, Studio 54... En 1994, Trump "interprète" le père de Waldo dans The Little Rascals. Ce sera sa seule "composition". Quand Trump apparaissait à l'écran de cinéma, il y restait la plupart du temps Donald Trump et s'il apparaissait à l'écran de cinéma, c'était généralement en échange de la permission de tourner dans l'un de ses hôtels ou de ses immeubles. C'est Chris Colombus, le réalisateur de Home Alone 2, qui avait lâché en premier à la presse que si on désirait tourner une scène dans un endroit dont Donald Trump était propriétaire, Donald Trump exigeait d'apparaître dans le film. Chris O'Donnell, qui joua avec Al Pacino dans le remake américain de Parfum de femme, où il était aussi question de tourner une scène d'hôtel avec Trump avant que l'idée ne soit abandonnée, l'a depuis confirmé. À noter que dans le cas de Home Alone 2, c'est une projection-test qui a sauvé la scène où Macaulay Culkin croise Donald Trump dans le lobby de l'hôtel Plaza. La production entendait couper cet extrait mais les réactions enthousiastes et hilares des spectateurs new-yorkais ont finalement sauvé ces quelques secondes lors du montage définitif du film. La scène est depuis devenue totalement culte. Avant d'être aujourd'hui peut-être en passe d'être définitivement modifiée, voire coupée. C'est sur Twitter, la semaine dernière, qu'a débutée une discussion sur la possibilité d'effacer Donald Trump de Home Alone 2. Techniquement, plusieurs possibilités existent: une simple coupe, faire disparaître Trump grâce à la technologie ou même le remplacer par Macaulay Culkin, ce qui ferait que dans cette fameuse scène, à partir de 2021, Macaulay Culkin adulte y interagirait avec Macaulay Culkin enfant. Une idée qui a fort enthousiasmé l'acteur, aujourd'hui âgé de 40 ans. Une pétition très anecdotique puisque n'ayant toujours pas atteint 500 signatures propose quant à elle de carrément remplacer le temps de cette scène Donald Trump par Joe Biden... Bref, on nage donc en plein délire. On rigole bien. On trolle pépouze. Au point de ne jamais sembler percuter qu'effacer la présence de personnalités devenues gênantes sur d'anciennes photos est une vieille méthode staliniste; déjà décriée en 1947 par George Orwell dans 1984, roman où le passé est constamment réécrit afin de satisfaire l'ambition politique du moment. Histoire de minimiser le rôle capital qu'il tint au moment de le signer, Staline fut plus tard effacé des photos attestant du pacte germano-soviétique de 1939. Trotski et Kamenev ont quant à eux disparu durant le règne de Staline de documents attestant de la révolution russe. Donald Trump, lui, pourrait donc être effacé d'une comédie familiale d'il y a 30 ans. Pour rire. Pour le doigt d'honneur à son narcissisme délirant. C'est marrant mais l'histoire, néanmoins, se répète. Certes en blague mais la volonté de purge politique n'en est pas moins bien réelle. Un édito du magazine Forbes depuis très contesté par la droite invitait ainsi il y a quelques jours ses lecteurs PDG de grandes sociétés à ne plus engager de gens ayant travaillé pour l'administration Trump. Bien sûr, on peut penser que c'est mérité, vu qu'on a tous en mémoire un défilé d'incompétents notoires et que des best-sellers mondiaux ont dénoncé le dysfonctionnement crasse de la Maison Blanche de 2017 à aujourd'hui. Il peut dès lors sembler normal qu'un magazine orienté big business invite des employeurs de premier plan à ne pas engager ces candidats et candidates problématiques. Mais où s'arrête véritablement le sage conseil professionnel et où commence réellement la purge politique? Le goulag virtuel est-il sinon vraiment un goulag à partir du moment où la punition est de rester chez soi en pantoufles le chat sur les genoux devant Netflix? Et à partir de combien d'années d'autocritiques publiques, ces anciennes assistantes et attachées de presse de Trump peuvent-elles espérer redevenir fréquentables sur le marché du travail? Deux des créatures les plus trumpesques croisées ces dernières années à la Maison Blanche sont Sean Spicer et Kellyanne Conway. Elle a 53 ans, lui 49. C'est un peu jeune pour la retraite forcée, non? Et peut-être aussi que les années de moqueries à échelle mondiale suffisent largement, en termes de punition? Bref, si l'après-Trump doit devenir une parodie de dénazification, il serait sans doute pas mal d'éviter de nous transformer cette étape nécessaire et importante en pastiche staliniste. Ça semble mal barré et voilà ENCORE un emballement dont les réseaux sociaux peuvent être tenus responsables. 2021, l'année où tout le monde va vouloir revivre en 1999. Comme dans Matrix...