Des films sur les présidents des États-Unis, il y en a eu d'innombrables, des bons et des piteux, des réalistes et des fantaisistes. L'espace ici imparti ne suffirait pas à en dresser l'inventaire, et l'on ne prend guère de risques en pronostiquant que la présidence hors norme de Donald Trump viendra rapidement "enrichir" ce corpus de quelques titres. Le magnat de l'immobilier new-yorkais n'a d'ailleurs pas attendu de se lancer dans la politique pour s'inviter sur les écrans, de télé(réalité) bien sûr, mais aussi de cinéma. Entamée sur Ghos...

Des films sur les présidents des États-Unis, il y en a eu d'innombrables, des bons et des piteux, des réalistes et des fantaisistes. L'espace ici imparti ne suffirait pas à en dresser l'inventaire, et l'on ne prend guère de risques en pronostiquant que la présidence hors norme de Donald Trump viendra rapidement "enrichir" ce corpus de quelques titres. Le magnat de l'immobilier new-yorkais n'a d'ailleurs pas attendu de se lancer dans la politique pour s'inviter sur les écrans, de télé(réalité) bien sûr, mais aussi de cinéma. Entamée sur Ghosts Can't Do It de John Derek, en 1989, sa "carrière" cinématographique allait ensuite s'étoffer de divers caméos, vite oubliés pour la plupart, qu'il apparaisse dans le hall du Plaza Hotel dans Home Alone 2 de Chris Columbus, qu'il croise Hugh Grant dans Two Weeks Notice de Mark Lawrence, ou qu'il joue la guest star dans Zoolander de Ben Stiller. On s'en voudrait toutefois de ne pas sortir du lot Celebrity (1998), certes pas le meilleur film de Woody Allen, lequel ne manquait toutefois pas d'offrir à Trump un (petit) rôle sur mesure. À savoir celui d'un homme d'affaires annonçant à Judy Davis, venue l'interviewer pour une chaîne de télé pendant son déjeuner chez Bijou, s'apprêter "à acheter la cathédrale Saint-Patrick pour la raser et bâtir un beau et grand gratte-ciel" à la place. Ou Donald tel qu'en lui-même... À défaut de grands rôles, Trump a par ailleurs inspiré des cinéastes divers s'étant, dès la fin des années 80, employés à caricaturer l'homme d'affaires et sa folie des grandeurs -la réalité s'est, depuis, chargée de suppléer la fiction. C'est le cas par exemple de Robert Zemeckis qui, dans le second volet de Back to the Future (1989), fait de Biff Tannen, l'ennemi juré de Marty McFly, un businessman s'étant enrichi frauduleusement, et régnant, dans une réalité parallèle, sur la petite ville de Hill Valley du haut de sa Biff Tower tapageuse. Ou, un an plus tard, de Joe Dante qui s'inspire de Donald Trump dans son féroce Gremlins 2 pour modeler le personnage de Daniel Clamp, magnat de l'immobilier dominant New York du dernier étage de la Clamp Tower, et prêt à tout pour assouvir ses ambitions capitalistes. Et l'on ne citera que pour mémoire les films préfigurant, à bien des égards, l'Amérique trumpienne, comme They Live (1988) de John Carpenter, critique acide des années Reagan et d'un néolibéralisme broyant les hommes et ruinant la planète -un constat n'ayant rien perdu de son acuité. Ou encore le Southland Tales (2006) de Richard Kelly, thriller de science-fiction sur arrière-plan de crises écologique, économique et sociale, dont la vision satirique de la société américaine future tiendrait aujourd'hui pour ainsi dire de la prescience...