Sorti en 1996, Scream, de Wes Craven, devait s'imposer comme un classique du cinéma de genre, le réalisateur de Nightmare on Elm Street relevant le "slasher" finaud de ce qu'il fallait de distance. Si "Ghostface" devait continuer à terroriser Woodsboro trois suites durant, on pensait toutefois le tueur au masque grimaçant retiré des affaires depuis 2011. C'était sans compter sur la tendance hollywoodienne au recyclage qui, après Ghostbusters, Spidermanou The Matrix, ...

Sorti en 1996, Scream, de Wes Craven, devait s'imposer comme un classique du cinéma de genre, le réalisateur de Nightmare on Elm Street relevant le "slasher" finaud de ce qu'il fallait de distance. Si "Ghostface" devait continuer à terroriser Woodsboro trois suites durant, on pensait toutefois le tueur au masque grimaçant retiré des affaires depuis 2011. C'était sans compter sur la tendance hollywoodienne au recyclage qui, après Ghostbusters, Spidermanou The Matrix, nous vaut aujourd'hui d'assister à son grand retour dans un film sobrement baptisé... Scream. Confié à Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett, duo à qui l'on devait Devil's Due, le film est dédié à Wes Craven, disparu en 2015. Et s'il remet la saga du tueur au goût technologique du jour, il y a là un hommage respectueux au maître, la première scène étant une copie presque conforme de l'ouverture de l'original, dont il joue à l'envi de la dimension méta, Neve Campbell, Courteney Cox et David Arquette reprenant par ailleurs du service vingt-cinq ans après les premiers méfaits du sinistre tueur à la lame effilée. Tout commence sur un appel téléphonique (forcément), suivi de l'agression sauvage dont est victime une jeune fille dans la villa familiale. Il n'en faut pas plus pour mettre Woodsboro en émoi, la petite ville ayant encore en mémoire les meurtres de "Ghostface" qui a, de toute évidence, fait un émule, décidé à raviver le passé en s'en prenant à un groupe d'adolescents. Et la panique de se répandre, chacun s'interrogeant sur l'identité d'un tueur masqué aussi insaisissable que métronomique. La suite ménage son lot de rebondissements sanglants et autres twists plus ou moins habiles, tout en multipliant les références - autant dire que les règles restent peu ou prou inchangées. Méta-slasher revendiqué, Scream a ainsi le don de jouer de l'horreur tout en la désamorçant dans le même élan. La clé de la réussite pour un film réalisé par des fans pour les fans prioritairement (mais pas exclusivement). S'il fallait pinailler quelque peu, on dirait que le final éclabousse un brin inutilement ; rien de rédhibitoire cependant pour ce qu'il convient désormais d'appeler un... requel.