Il plane sur Matrix Resurrections un air totalement assumé de déjà vu, affirmé d'entrée de jeu, le générique citant celui du premier volet de la trilogie-culte sorti en 1999, avant que le film n'en rejoue la scène d'ouverture. Les fans le savent : un déjà vu intervient lorsqu'un élément de la Matrice a été modifié. Et si ce Matrix 4, réalisé par la seule Lana Wachowski (Lilly ayant préféré arrêter les frais), opère un retour aux sources, multipliant les citations des originaux, il y apporte aussi ce qu'il faut de décalage. Dans la première partie surtout, où l'on retrouve Thomas Anderson, aka Neo (Keanu Reeves), devenu créateur reconnu de jeux vidéo. Il est notamment le concepteur de The Matrix et travaille pour l'heure sur "Matrix 4" - l'occasion, pour la réalisatrice, d'une savoureuse mise en abyme. Et justement, la frontière entre le monde dans lequel il évolue et l'univers qu'il a créé se révèle on ne peut plus poreuse - a fortiori lorsqu'il rencontre, au coffee-shop du coin, une inconnue ressemblant comme deux gouttes d'eau à la Trinity (Carrie-Anne Moss) de The Matrix, et pour cause. Il n'en faudra guère plus l'on s'en doute - l'ombre de Morpheus quand même -, pour que l'histoire repasse les plats et que ces deux-là se retrouvent à ferrailler entre deux réalités parallèles, suivant un scénario aux méandres plus ou moins intelligibles.

Audacieux et visionnaire, le premier Matrix évoluait entre différents niveaux de réalité, un pied déjà dans le monde virtuel, et orchestrait la résistance d'une poignée d'humains conscients de vivre dans une réalité simulée face aux machines les maintenant sous leur joug. Vingt-deux ans plus tard, Matrix Resurrections joue plutôt habilement de la carte de la nostalgie sans toutefois renouer avec la force et l'originalité du concept original, dont il offre une resucée efficace mais inégalement inspirée. Si l'univers reste graphiquement impressionnant, la mise en scène patine quelque peu - dans les (nombreuses) scènes d'action, en particulier, dont la confusion fait tache si l'on se rappelle le soin méticuleux apporté aux chorégraphies des originaux -, et le film ne fait pas l'économie de diverses fautes de goût (Lambert Wilson, rescapé de The Matrix Reloaded, en bouffon de service par exemple). Ce qui n'empêche pas les presque inoxydables Keanu Reeves et Carrie-Anne Moss, solidement épaulés par Jessica Henwick, de faire mieux que tirer leur épingle du jeu, les revoir aux affaires face aux hordes de zombies lâchés dans les rues de San Francisco justifiant leurs Resurrections...

Science-fiction. De Lana Wachowski. Avec Keanu Reeves, Carrie-Anne Moss, Jessica Henwick. 2h28. ***

Il plane sur Matrix Resurrections un air totalement assumé de déjà vu, affirmé d'entrée de jeu, le générique citant celui du premier volet de la trilogie-culte sorti en 1999, avant que le film n'en rejoue la scène d'ouverture. Les fans le savent : un déjà vu intervient lorsqu'un élément de la Matrice a été modifié. Et si ce Matrix 4, réalisé par la seule Lana Wachowski (Lilly ayant préféré arrêter les frais), opère un retour aux sources, multipliant les citations des originaux, il y apporte aussi ce qu'il faut de décalage. Dans la première partie surtout, où l'on retrouve Thomas Anderson, aka Neo (Keanu Reeves), devenu créateur reconnu de jeux vidéo. Il est notamment le concepteur de The Matrix et travaille pour l'heure sur "Matrix 4" - l'occasion, pour la réalisatrice, d'une savoureuse mise en abyme. Et justement, la frontière entre le monde dans lequel il évolue et l'univers qu'il a créé se révèle on ne peut plus poreuse - a fortiori lorsqu'il rencontre, au coffee-shop du coin, une inconnue ressemblant comme deux gouttes d'eau à la Trinity (Carrie-Anne Moss) de The Matrix, et pour cause. Il n'en faudra guère plus l'on s'en doute - l'ombre de Morpheus quand même -, pour que l'histoire repasse les plats et que ces deux-là se retrouvent à ferrailler entre deux réalités parallèles, suivant un scénario aux méandres plus ou moins intelligibles. Audacieux et visionnaire, le premier Matrix évoluait entre différents niveaux de réalité, un pied déjà dans le monde virtuel, et orchestrait la résistance d'une poignée d'humains conscients de vivre dans une réalité simulée face aux machines les maintenant sous leur joug. Vingt-deux ans plus tard, Matrix Resurrections joue plutôt habilement de la carte de la nostalgie sans toutefois renouer avec la force et l'originalité du concept original, dont il offre une resucée efficace mais inégalement inspirée. Si l'univers reste graphiquement impressionnant, la mise en scène patine quelque peu - dans les (nombreuses) scènes d'action, en particulier, dont la confusion fait tache si l'on se rappelle le soin méticuleux apporté aux chorégraphies des originaux -, et le film ne fait pas l'économie de diverses fautes de goût (Lambert Wilson, rescapé de The Matrix Reloaded, en bouffon de service par exemple). Ce qui n'empêche pas les presque inoxydables Keanu Reeves et Carrie-Anne Moss, solidement épaulés par Jessica Henwick, de faire mieux que tirer leur épingle du jeu, les revoir aux affaires face aux hordes de zombies lâchés dans les rues de San Francisco justifiant leurs Resurrections...