À bien des égards, Rocks semble s'être construit en réaction au précédent long métrage de Sarah Gavron, Suffragette. Au film d'époque gorgé de stars, la réalisatrice et son équipe répondent en effet aujourd'hui par un objet en prise directe sur la plus pure contemporanéité, incarnée par une bande de jeunes femmes sans aucune expérience de cinéma. Taillant sa voie parmi plus de 150 heures de rushes, Rocks raconte à l'arrivée l'histoire très simple d'une adolescente de quinze ans livrée à elle-même après la désertion volontaire de sa mère, qui la laisse seule avec son petit frère dans leur appartement de Hackney, quartier multiculturel de l'est de Londres...

Rivé aux visages et aux corps de cette jeune femme et ses amies, fières représentantes de la génération TikTok, Insta et Snapchat, le film, construit en mode résolument collaboratif, oscille entre brefs moments de joie et d'insouciance et sérieux coups de blues, conditionnés par une réalité sociale peu favorable. La tchatche, la danse et les rêves viennent ainsi régulièrement buter sur la dureté d'une existence en forme de grand melting-pot à laquelle un salvateur esprit de sororité vient offrir quelques précieuses respirations. Si tout cela reste très gentil, bienveillant et balisé, et que le discours du film se dessine assez clairement derrière chaque scène, Gavron et ses collaboratrices trouvent le regard juste à travers des plans jamais trop longs ou insistants, qui captent des moments de vie façon instants volés sans s'appesantir, effleurant les détails signifiants de très délicate manière.

Drame. De Sarah Gavron et toute son équipe. Avec Bukky Bakray, Kosar Ali, D'angelou Osei Kissiedu. 1h33. Sortie: 23/09. ***(*)

>> Lire aussi notre interview de Sarah Gavron: "Le script de Rocks a été conçu comme une lettre d'amour à toutes ces filles d'origine multiculturelle amenées à grandir trop vite parce qu'elles portent le poids du monde sur leurs épaules."

À bien des égards, Rocks semble s'être construit en réaction au précédent long métrage de Sarah Gavron, Suffragette. Au film d'époque gorgé de stars, la réalisatrice et son équipe répondent en effet aujourd'hui par un objet en prise directe sur la plus pure contemporanéité, incarnée par une bande de jeunes femmes sans aucune expérience de cinéma. Taillant sa voie parmi plus de 150 heures de rushes, Rocks raconte à l'arrivée l'histoire très simple d'une adolescente de quinze ans livrée à elle-même après la désertion volontaire de sa mère, qui la laisse seule avec son petit frère dans leur appartement de Hackney, quartier multiculturel de l'est de Londres... Rivé aux visages et aux corps de cette jeune femme et ses amies, fières représentantes de la génération TikTok, Insta et Snapchat, le film, construit en mode résolument collaboratif, oscille entre brefs moments de joie et d'insouciance et sérieux coups de blues, conditionnés par une réalité sociale peu favorable. La tchatche, la danse et les rêves viennent ainsi régulièrement buter sur la dureté d'une existence en forme de grand melting-pot à laquelle un salvateur esprit de sororité vient offrir quelques précieuses respirations. Si tout cela reste très gentil, bienveillant et balisé, et que le discours du film se dessine assez clairement derrière chaque scène, Gavron et ses collaboratrices trouvent le regard juste à travers des plans jamais trop longs ou insistants, qui captent des moments de vie façon instants volés sans s'appesantir, effleurant les détails signifiants de très délicate manière.