On trouve, au coeur de Suffragette, une page d'Histoire aujourd'hui quelque peu oubliée, lorsque, au début du XXe siècle, des militantes féministes désignées sous le nom de suffragettes devaient entamer un bras de fer opiniâtre avec les autorités britanniques pour l'octroi du droit de vote aux femmes. Ce combat exemplaire, Sarah Gavron (Brick Lane) l'envisage à travers le destin de Maud Watts (Carey Mulligan), blanchisseuse partageant le quotidien guère enviable de quantité d'ouvrières exploitées des quartiers défavorisés de Londres. Une jeune femme discrète dont la conscience politique ne va pas tarder à s'éveiller, attisée par l'adversité, le hasard et quelques rencontres déterminantes. Et qui, ayant rejoint le mouvement, va se radicaliser sous le coup d'une répression toujours plus brutale, pour passer avec ses camarades de l'action pacifique improductive à la désobéissance civile, seul moyen de faire entendre leur voix dans un monde d'hommes...

Un être ordinaire propulsé dans le tourbillon de l'Histoire, la formule a fait ses preuves, et Sarah Gavron y recourt avec bonheur, inscrivant son récit au confluent de l'intime et de l'engagement politique, avec les sacrifices douloureux qu'il suppose. Si les ressorts de la narration sont parfois appuyés, les enjeux soulevés par Suffragette dépassent le seul contexte historique (comme ne se fait d'ailleurs faute de le souligner le générique final, rappelant que le suffrage féminin n'existe toujours pas en Arabie saoudite, la Suisse ne l'ayant adopté qu'en... 1971). La cause trouve aussi en Carey Mulligan (parfaitement encadrée par Anne-Marie Duff et Helena Bonham Carter, mais aussi Ben Wishaw, dans un rôle ingrat) une ambassadrice d'exception, venue transcender le classicisme de la mise en scène par une composition d'une sobre intensité à la mesure brûlante du sujet...

DE SARAH GAVRON. AVEC CAREY MULLIGAN, ANNE-MARIE DUFF, HELENA BONHAM CARTER. 1H46. SORTIE: 11/11.

Dans le Focus du 6 novembre, l'interview de Sarah Gavron, 2015 en 4 films au féminin...

On trouve, au coeur de Suffragette, une page d'Histoire aujourd'hui quelque peu oubliée, lorsque, au début du XXe siècle, des militantes féministes désignées sous le nom de suffragettes devaient entamer un bras de fer opiniâtre avec les autorités britanniques pour l'octroi du droit de vote aux femmes. Ce combat exemplaire, Sarah Gavron (Brick Lane) l'envisage à travers le destin de Maud Watts (Carey Mulligan), blanchisseuse partageant le quotidien guère enviable de quantité d'ouvrières exploitées des quartiers défavorisés de Londres. Une jeune femme discrète dont la conscience politique ne va pas tarder à s'éveiller, attisée par l'adversité, le hasard et quelques rencontres déterminantes. Et qui, ayant rejoint le mouvement, va se radicaliser sous le coup d'une répression toujours plus brutale, pour passer avec ses camarades de l'action pacifique improductive à la désobéissance civile, seul moyen de faire entendre leur voix dans un monde d'hommes... Un être ordinaire propulsé dans le tourbillon de l'Histoire, la formule a fait ses preuves, et Sarah Gavron y recourt avec bonheur, inscrivant son récit au confluent de l'intime et de l'engagement politique, avec les sacrifices douloureux qu'il suppose. Si les ressorts de la narration sont parfois appuyés, les enjeux soulevés par Suffragette dépassent le seul contexte historique (comme ne se fait d'ailleurs faute de le souligner le générique final, rappelant que le suffrage féminin n'existe toujours pas en Arabie saoudite, la Suisse ne l'ayant adopté qu'en... 1971). La cause trouve aussi en Carey Mulligan (parfaitement encadrée par Anne-Marie Duff et Helena Bonham Carter, mais aussi Ben Wishaw, dans un rôle ingrat) une ambassadrice d'exception, venue transcender le classicisme de la mise en scène par une composition d'une sobre intensité à la mesure brûlante du sujet...