On connaissait déjà Jennifer Kent qui, en 2014, se fendait avec The Babadook d'un étonnant premier film d'horreur psychologique en forme de plongée glacée dans l'esprit tourmenté d'une mère célibataire au bord de la crise de nerfs, doublée d'un conte flippant pour (grands) enfants pas sages. Il faudra désormais compter avec sa compatriote Natalie Erika James. Avec Relic, cette Australienne basée à Melbourne signe elle aussi un coup d'essai stylé et malin où la peur et ses codes renvoient à une dimension quasiment métaphysique.
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On connaissait déjà Jennifer Kent qui, en 2014, se fendait avec The Babadook d'un étonnant premier film d'horreur psychologique en forme de plongée glacée dans l'esprit tourmenté d'une mère célibataire au bord de la crise de nerfs, doublée d'un conte flippant pour (grands) enfants pas sages. Il faudra désormais compter avec sa compatriote Natalie Erika James. Avec Relic, cette Australienne basée à Melbourne signe elle aussi un coup d'essai stylé et malin où la peur et ses codes renvoient à une dimension quasiment métaphysique. Situant son action dans la campagne isolée non loin de la grande ville, le film met en scène trois générations de femmes. Quand Edna (Robyn Nevin), la vieille matriarche, disparaît, sa fille Kay (Emily Mortimer) et sa petite-fille Sam (Bella Heathcote) se rendent dans la maison familiale pour la retrouver. Si la grand-mère, visiblement désorientée, ne tarde pas à réapparaître, elle refuse mordicus de dire où elle était. Mais le sait-elle vraiment? C'est ce que vont chercher à découvrir Kay et Sam tandis qu'une présence insidieuse et néfaste semble peu à peu s'emparer des lieux... Formellement très maîtrisé, Relic questionne le regard du spectateur en floutant la frontière entre espaces physique et mental, dimensions tangible et cérébrale. Est-on dans la maison ou dans l'esprit d'Edna? Et les grosses ficelles de l'horreur domestique de laisser place aux ressorts feutrés d'un drame humain hanté par la question de la décrépitude... Mesuré dans ses effets, le film ne joue jamais la carte d'une vaine surenchère, préférant soigner sa belle gueule d'atmosphère traversée de grincements et de craquements divers. Soit le pari gagnant d'un long métrage envoûtant qui est moins un récit d'épouvante que l'histoire émouvante de la douceur d'une mère condamnée à s'éteindre sous le regard blessé de celles qui l'aiment. Natalie Erika James: retenez bien le nom de cette très prometteuse cinéaste de genre. Car si Relic, et son traitement profond de la peine et du deuil au sein d'une famille, n'a pas manqué de lui attirer des comparaisons avec le Hereditary d'Ari Aster (Relic est bien plus intéressant que ce dernier, selon nous), le scénario de Drum Wave, son prochain projet qu'elle avait prédéveloppé il y a deux ans sous forme de court, évoque déjà pour certains l'ambiance de Midsommar. Il s'agit en effet d'un film qui déclinera l'horreur au féminin très singulier avec une bonne dose de folklore et de sacrifices sur une île isolée, nous souffle-t-on dans l'oreillette. La réalisatrice australienne aux racines japonaises préfère, quant à elle, plutôt citer Rosemary's Baby et The Wicker Man en guise de références. Vivement la suite, donc!