Habile faiseur d'horreur sous influence, Ari Aster était retourné voir du côté de Rosemary's Baby et The Exorcist au moment de réaliser le très atmosphérique Hereditary, objet d'une hype certes compréhensible mais largement excessive l'an dernier. Il s'est de toute évidence souvenu du cultissime The Wicker Man de Robin Hardy, monument...

Habile faiseur d'horreur sous influence, Ari Aster était retourné voir du côté de Rosemary's Baby et The Exorcist au moment de réaliser le très atmosphérique Hereditary, objet d'une hype certes compréhensible mais largement excessive l'an dernier. Il s'est de toute évidence souvenu du cultissime The Wicker Man de Robin Hardy, monument seventies arrosé de paganisme folk et d'érotisme déviant, au moment de se lancer dans l'écriture de Midsommar, nouveau long métrage supposément retors qui envoie un groupe de jeunes Américains assister à un mystérieux festival traditionnel dans une petite communauté suédoise isolée.Évoluant entre comédie grinçante (sur le couple, notamment) et malaise insidieux, la première heure du film est une vraie et belle réussite, très libre de ton, qui fait l'impasse sur les "jump scares" idiots, ose la musique anti-horrifique et l'angoisse à ciel ouvert, en pleine lumière. Si certains plans apparaissent parfois inutilement prétentieux, Aster y fait avant tout montre d'un grand sens de l'image, jusque dans ses irrésistibles échappées droguées. D'une longueur totalement injustifiée, la suite, hélas, ronronne dangereusement, qui n'a rien d'autre à offrir que ce que l'on avait déjà imaginé depuis longtemps: des rites païens qui dégénèrent dans la bonhomie illuminée. Plus amusant et gentiment nawak que véritablement effrayant ou sadique, Midsommar montre aussi les limites de scénariste d'Ari Aster, lequel laisse à nouveau beaucoup trop d'éléments irrésolus ou mal développés sur le bord de la route de ce trip aux fulgurances bien réelles mais trop rares.