Première expérience américaine de la Britannique Andrea Arnold, réalisatrice, entre autres, de Fish Tank et d'une adaptation toute personnelle de Wuthering Heights, American Honey arpente une réalité méconnue: celle de jeunes gens, employés par des sociétés non réglementées, et sillonnant le Midwest pour y vendre des abonnements de magazines au porte-à-porte. Des démarcheurs semblant sortis tout droit d'une autre époque pour être confrontés à la précarité des temps présents. Et le film d'accompagner l'un de ces groupes sur les pas de Star -l'épatante Sasha Lane-, partie sur les routes à la conquête de son indépendance. Optant pour une mise en scène immersive, Arnold signe une oeuvre-tourbillon, doublant la peinture de cette sous-culture du portrait en creux de l'Amérique, et confrontant l'énergie adolescente à l'immensité de l'espace étatsunien. Soit une maîtresse proposition de cinéma, justement couronnée du Prix du jury lors du dernier festival de Cannes. Le troisième, déjà, pour la cinéaste originaire du Kent, après ceux de Red Road en 2006 et de Fish Tank en 2009.
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