Critique | BD

U-Mains: un roman graphique très punk signé Benjamin Schoos

3 / 5
© National

Benjamin Schoos et Raphaël Dethier, éditions du Caïd

U-Mains

100 pages

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Olivier Van Vaerenbergh
Olivier Van Vaerenbergh Journaliste livres & BD

Il y a d’abord, parce qu’on commence souvent par là, et ce coup-ci heureusement, le “pitch” de la 4e de couverture de cet U-Mains, presque limpide: “Dans un futur proche ou lointain, une organisation extraterrestre, aidée par Satan, envahit le monde pour extraire l’uranium. Mais Jésus et des résistants hargneux et armés jusqu’aux dents les repoussent.” On y reconnaît vite, pour ceux qui le suivent, l’imaginaire bien décalé de Benjamin Schoos, alias Miam Monster Miam, figure de la scène rock alternative wallonne, mais surtout réel artiste touche-à-tout. Et ensuite, il y a le livre en lui-même, sombre, étrange, construit autour des dessins, des peintures et des collages de l’auteur, et… totalement abscons. Il faudra se laisser aller jusqu’au bout pour retrouver un peu de ce pitch science-fictionnel où des aliens (et Satan, planqué derrière le roi Baudouin) prennent possession de nos mains droites pour faire de nous des U-mains exploités dans les mines. Entre-temps, on tentera de se laisser porter par une poésie punk, dadaïste, foutraque et apocalyptique, mais aussi totalement libre, à l’image des travaux plastiques de Schoos que le cinéaste liégeois Raphaël Dethier s’est chargé ici de mettre en dialogues. Une construction qui tient là aussi du collage, au terme de laquelle il reste une succession d’images fortes, très sombres dans leur contenu, parfois trop sombres dans leur impression, quelque part entre un bad trip et l’esthétique d’Alex Barbier en version monochrome. Incompréhensible, mais assez fascinant.

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