Pukkelpop J3: le film du samedi

23/08/15 à 14:18 - Mise à jour à 24/08/15 à 15:11

Evil Superstars, Ride, Offspring, The War on Drugs... On ne vieillit pas tous pareil. Résumé d'une dernière journée en demi-teinte.

Pukkelpop J3: le film du samedi

Mauro Pawlowski espère qu'Evil Superstars a eu une bonne note. © Olivier Bourgi

Le plus branleur: Slaves. Duo originaire du Kent, les Slaves ne font pas dans la dentelle. Soit un punk bas du front, fun et énervé, en mode ultra-minimaliste et aux revendications terre-à-terre. Cheer up London, it's not that bad...

Le plus décevant: Pond. Parce qu'ils nous ont infligé quelques claques monumentales en live par le passé, le concert mou-du-genou (sans basse ni dynamique) des cousins de Tame Impala nous a laissé pantois.

Le plus queer: Shamir. Androgyne auteur d'une poignées de pépites électro-pop ultra dansantes, Shamir a fait groover toute la Dance Hall en un claquement de doigt, même sous le poids des basses oppressantes débordant de la Boiler Room juste à côté (fais quelque chose, Chokri, on se fait la même remarque chaque année!).

Le plus heavy: Manchester Orchestra. Des mélodies pop bien cachées derrière un mur de guitares. Les Américains, comme leur nom ne l'indique pas, doivent affectionner particulièrement les Smashing Pumpkins et nous rappellent aussi fortement les Écossais d'Aereogramme. Bien trop linéaire, par contre...

Le plus Suuns: Viet Cong. On aime bien leur disque, leur post punk sombre et labyrinthique dans l'esprit d'un Suuns. Mais les Canadiens de Viet Cong (pour certains ex-membres de Women) laissent toujours un peu perplexe sur scène. Dommage.

Le mystique Matt Flegel de Viet Cong

Le mystique Matt Flegel de Viet Cong © Olivier Bourgi

Les plus cowboys: Condor Gruppe. Non, Ennio Morricone n'était pas au Pukkelpop. Pas plus que le festival limbourgeois ne s'est mis à diffuser des Sergio Leone... L'ambiance western-spaghetti, c'était les Anversois de Condor Gruppe. Et bien sifflez maintenant.

Les plus "pois sauteurs": Truckfighters. Avec un guitariste monté sur des ressorts, les Suédois font dans le stoner rock qui file droit sans complexe. Leçon de professionnalisme quand, en fin de concert, alors que le bassiste vient d'exploser sa tête d'ampli, les 2/3 restants du groupe meublent parfaitement: pour peu, on n'y aurait vu que du feu.

Les plus west-coast: Allah-Las. Il y avait comme qui dirait un petit coin de Californie samedi au Pukkel. La Californie des années 60, s'entend. Love, Byrds et Seeds en tête... De quoi passer un bon moment. Sous le soleil, exactement.

Les plus inavouables: The War on Drugs. Le genre de groupe qu'on aime écouter secrètement, mais qu'on n'est pas sûr d'assumer complètement. Le virage Dire Straits du groupe est tel que le bassiste affiche même le bandeau à Mark Knopfler...

Les plus malveillants: Evil Superstars. Concert de reformation brut, radical, lourd et sans concession. La bande à Mauro n'a pas fait dans la dentelle. Une set-list qui commence par Satan Is in My Ass ne saurait mentir. B.A.B.Y., It's a Sad Sad Planet... Les ressuscités reprennent même I'm On A High. Un morceau écrit pour les Superstars mais sorti avec Millionaire par Tim Vanhamel.

Le plus No Self Esteem: Offspring. S'ils en avaient un peu de l'amour propre, les vieux punks ne traîneraient plus Smash et leurs hymnes adolescents sur scène à cinquante ans. Keep 'em Separated...

Le très jeune Dexter Holland de The Offspring

Le très jeune Dexter Holland de The Offspring © Damon De Backer

Le plus trippy: Tame Impala. Kevin Parker joue les orfèvres de la pop psychédélique et offre un voyage sensoriel qui sera l'un des sommets du festival. Une poignée de morceaux seront judicieusement remaniés (ce mini-break disco dans Elephant!).

Le plus "je regarde mes pompes": Ride. Moins convaincants que Slowdive, leurs potes de chez Creation, l'an dernier, Mark Gardener et le bassiste de feu Oasis Andy Bell étaient la touche shoegaze de ce Pukkelpop 2015. Pas honteux mais quand même franchement daté.

Le plus secret: le bar à cocktails caché dans les toilettes. On ne l'a malheureusement découvert qu'en rentrant du festival: il y avait trois lieux secrets à découvrir aux quatre coins de la plaine. Soit un derrière la table de mixage de la Main Stage, un autre sous les gradins face à la Boiler Room, et un dernier dans les... toilettes à côté de la Wablief?!, où Studio Brussel a été faire une visite plutôt surprenante.

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