Pukkelpop J1: le très bon, le moins bon et l'exécrable

21/08/15 à 14:12 - Mise à jour à 24/08/15 à 15:10

L'heure de la rentrée n'a même pas encore sonné que Focus remet déjà les bulletins. La première journée du Pukkel en un clin d'oeil.

Pukkelpop J1: le très bon, le moins bon et l'exécrable

Mauvaise note pour Limp Bizkit © Olivier Bourgi

Le plus foufou: Django Django. La pop délurée, jouette et dansante des Ecossais (qui ont pris un saxophoniste sous leur kilt) est toujours aussi décomplexée. Django (Django) unchained...

Le plus what the fuck?: STUFF. Brainy mais catchy, le hip hop instrumental et le jazz funky des Gantois n'est pas ce qu'il y a de plus simple à appréhender mais il continue de faire mouche de festival en festival et de piquer les curiosités.

Le plus sale entre les doigts de pied: Residual Kid. Les trois gamins (17, 17 et 15 ans) d'Austin se souviennent d'un temps qu'ils ne peuvent pas connaître. Celui du grunge et d'un rock nineties noisy cher à leur "pote" Jay Mascis. Smells like teen spirit...

Le plus "je m'en bats la clinche": Curtis Harding. Pilotage automatique et concert ennuyeux au possible pour le rockeur soul du Michigan. Boring.

Curtis Harding qui s'en fout.

Curtis Harding qui s'en fout. © Olivier Bourgi

Les plus remontés: Bad Breeding. Avec Sleaford Mods, les punks anglais sont ce qui se fait de plus engagé au pays de cette chère Elisabeth. "Etre dans un groupe, ça permet de dire des trucs. Davantage de gens ont l'occasion de les entendre que si je gueulais à la fenêtre de ma chambre" . God save the queen.

Les plus excités: Pissed Jeans. Ceux-là, ils ont encore oublié de prendre leur Xanax. Furieux, agités, les mecs de Pennsylvanie ont réveillé un public aussi mou du genou que l'affiche de ce premier jour avec leur "loud, heavy, noisy punk rock".

Le plus love: Charles Bradley. Si la soul a retrouvé les faveurs du grand public, elle le doit pour beaucoup à l'écurie Daptone et à ses protégés qui n'ont rien de jeunes premiers. Sharon Jones of course mais aussi cet incroyable Charles Bradley. Le concert, plein de classe et d'amour, de cette première journée.

Charles Bradley qui aime son public.

Charles Bradley qui aime son public. © Olivier Bourgi

La plus vieille salopette: Seasick Steve. Du haut de ses 74 ans, il est avec Charles Bradley (66) le senior de la journée. Mais préfère son traditionnel duo salopette/casquette aux ensembles colorés du leur "screaming eagle of soul". Et s'il ne réinvente pas sa formule blues roots, elle est toujours la bienvenue sous le soleil.

Le plus old school: Jurassic 5. Un concert de rap, c'est jamais vraiment gagné d'avance. Et pourtant, les 4 MC et 2 beatmakers du groupe californien formé en 1993 ont une niaque, un groove et un humour qui fait plaisir à voir. I say hooo-oooo!

Le plus "fan de": Michael Kiwanuka. Avec Seasick Steve en fan de marque qui squattait le premier rang, Kiwanuka renvoie la balle et déclare sa flamme au papy blues sur fond de folk et soul. Et puis quand même, le sosie de ?uestlove comme guitariste...

La plus spectorienne: Lianne La Havas. Du haut de ses grands airs de diva soul, la demoiselle aligne les tubes pop à la manière des meilleurs girl groups Motown & Stax. Joli mais un peu trop lisse.

Le plus inutile: ex æquo, Limp Bizkit et Linkin Park. On ne comprend toujours pas ce que deux vieilles gloires du nu métal font encore en haut de l'affiche en 2015. C'est pataud, c'est vain, et pourtant la plaine déborde de tous côtés. Léger avantage toutefois à Limp Bizkit à qui on laisse l'avantage d'un certain second degré. Enfin, les reprises de Master of Puppets et Killing in the Name n'étaient pas obligatoires...

Le plus malin: Interpol. Oui, on peut encore donner de bons concerts quand on n'a plus sorti un disque correct depuis dix ans. La preuve avec les corbacs new-yorkais.

Le plus aviaire: Mr. Oizo. De l'eau a coulé sous les ponts depuis Flat Beat et même Positif (Vous êtes des animaux). Quentin Dupieux est plus d'une fois passé derrière la caméra (les délicieusement décalés Rubber et plus récemment Réalité), mais la Boiler Room avait des airs de Tomorrowland quand il est retourné aux platines. Parfois dans le mile, parfois un poil trop bourrin à notre goût.

Le plus miauleur: photo finish entre Gengahr et Paolo Nutini.

Paolo Nutini qui miaule.

Paolo Nutini qui miaule. © Olivier Bourgi

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