On a rencontré l’auteur de la nouvelle fresque à Sainte-Catherine (photos)

© Balkan Trafik
Estelle Spoto
Estelle Spoto Journaliste

Dans le quartier Sainte-Catherine à Bruxelles, un morceau de ciel perpétuellement bleu attire désormais les regards vers le haut. Bozko, street artist bulgare invité dans le cadre du festival Balkan Trafik! (du 19 au 22 avril à Bozar), vient d’investir une façade aveugle d’un immeuble à appartements. Avec la bénédiction des propriétaires, qui avaient répondu à « l’appel aux murs privés » lancé en 2016 par l’échevine de la culture de la Ville de Bruxelles Karine Lalieux pour développer le Parc ours Street Art.

« J’ai proposé cinq esquisses différentes aux habitants du bâtiment et c’est celle-ci qui a été choisie, explique Bozko. Je suis content de ce choix parce que la scène s’intègre assez bien dans le quartier, avec la plaine de jeux pour les enfants d’un côté et les junkies de l’autre. » Dominant le paysage urbain, un homme chauve à l’âge indéterminé est assis, le dos courbé, sur une balançoire. Il est entouré de pavots dont les capsules renfermant l’opium semblent monter vers le ciel comme des ballons. « C’est un monument urbain à une certaine situation sociale en ville », poursuit Bokzo, qui séjourne ici pour la première fois à Bruxelles.

On détecte dans ce nouveau personnage le goût très cartoonesque de Bozko pour la déformation. « Mes personnages sont souvent grotesques, j’aime donner ces contorsions aux formes, explique-t-il. Ça rend les choses plus intéressantes. On a la photographie pour reproduire la réalité alors quand on peint, pourquoi ne pas se donner un peu de liberté? »

Bozko, de son vrai nom Bozhidar Simeonov, s’est lancé dans le graffiti vers seize ans. « La première fois, c’était avec un ami qui avait réussi à se procurer des bombes de peinture. C’était un luxe à l’époque. Après ce premier mur, j’étais complètement accro. » Parallèlement à ses graffs en rue, Bozko a étudié à l’Académie des Beaux-Arts de Sofia, et cela se voit dans la maîtrise technique des plissés, des raccourcis et d’éléments aussi difficiles à réaliser que les mains. « Je ne pense jamais que je suis assez bon et je cherche toujours de nouveaux objectifs à atteindre. C’est ce qui rend la vie intéressante. Essayer chaque fois d’aller plus loin, de se dépasser soi-même. This is the main drive! »

Prochain objectif pour Bozko, dans sa ville natale de Sofia: transformer, avec l’Urban Art Foundation, un long tunnel situé dans le noeud autoroutier du quartier de Poduene en galerie dédiée au street art. « Avec le soutien de la municipalité, ce sera le plus grand espace d’art indépendant à Sofia. »

Balkan Trafik! Festival: du 19 au 22 avril à Bozar. www.balkantrafik.com

Pour retrouver toutes les oeuvres du Parcours Street Art à Bruxelles: https://parcoursstreetart.brussels

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