Critique

Le film de la semaine: Maps to the Stars, grinçant et mordant à souhait

Julianne Moore dans Maps to the Stars © DR
Jean-François Pluijgers
Jean-François Pluijgers Journaliste cinéma

COMÉDIE NOIRE | Avec Maps to the Stars, David Cronenberg porte un regard acéré sur le microcosme hollywoodien. Drôle comme rarement, et pertinent comme toujours…

Dix ans ont été nécessaires à David Cronenberg pour mener à bien Maps to the Stars, film adapté d’un scénario de Bruce Wagner, qui le voit poser sa caméra à Hollywood. Le cinéaste canadien y suit les évolutions d’une galerie de protagonistes aux allures d’archétypes: Helena Segrand (Julianne Moore), une comédienne courant après sa gloire passée, sinon celle de sa mère; Sanford Weiss (John Cusack), son coach et par aileurs auteur à succès; ou encore Benjie (Evan Bird), star imbuvable de Bad Babysitter à tout juste 13 ans. Et puis, il y a ceux qui tentent de se frayer un chemin vers les étoiles, Agatha (Mia Wasikowska), assistante engagée par Helena à peine débarquée de Floride, ou encore Jerome (Robert Pattinson), le chauffeur de limousine avec qui elle se lie.

A leur suite, plus celle de quelques fantômes, le réalisateur de A History of Violence entreprend de disséquer le corps, malade et monstrueux, de l’usine à rêves. Et de livrer une peinture acide et tranchante d’une communauté incestueuse; composition relevée encore de quelques numéros d’anthologie -il faut voir, par exemple, Havana danser à l’annonce du drame vécu par une rivale, dont l’effet est de lui assurer le rôle qu’elle convoitait-, et d’une solide dose de cynisme. Tout cela est grinçant et mordant à souhait, et tordu juste comme il faut, tout en étant magistralement (dés)incarné (sa composition a valu à Julianne Moore le prix d’interprétation à Cannes) comme brillamment mis en scène. Toutes qualités qui ne suffisent pas à dissiper totalement le sentiment de superficialité -c’est bien de Hollywood qu’il s’agit après tout…

  • De David Cronenberg. Avec Julianne Moore, Mia Wasikowska, John Cusack. 1h51. Sortie: 30/07.
  • Dans le Focus du 1er août, retrouvez les interview et portrait de David Cronenberg
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