Critique scènes: Raconter sa danse

© Jean-François Flamey
Estelle Spoto
Estelle Spoto Journaliste

Accompagnée aux guitares par Jérôme Paque, la jeune Charly Simon conte le parcours qui l’a conduite à la danse. Dépouillé et chaleureux.

« Je sais pas comment commencer », « moi j’ai rien à raconter, j’ai pas d’histoire ». Du fond du plateau, les paroles arrivent en flux rapide, perturbé, chaotique, interrompu par un briquet qui s’allume. La danse se lance alors, accompagnant en saccades les accords de la guitare électrique, repris en loops.

Ainsi commence, par une réflexion méta sur le fait de ne pas savoir commencer, A-vide (à lire en un ou deux mots, au choix), où Charly Simon, à la fois danseuse et comédienne, déroule un conte-ritournelle sur son propre parcours de jeune artiste et sur sa vocation. Seule au-devant de la scène, avec en renfort arrière le guitariste Jérôme Paque, qui ne prendra le relais de la parole qu’à un unique moment acoustique, elle évoque plusieurs épisodes de sa jeunesse hennuyère, prime ou plus tardive, pour parler de peur. Peur du vide, peur du noir, peur de la mort.

Poétiquement articulé autour de mots mantras (peut-être un peu trop, au détriment du contenu du récit), le texte se joue et se danse avec et entre quatre petites sphères suspendues qui, par leur balancement de pendules ou leur écoulement de sabliers, disent le temps qui passe. Au détour des phrases, le public est interpellé, convoqué, impliqué dans ces histoires de peur et de vide à combler ou à danser. « Il faudra trouver ton arbre à toi », nous dit Charly Simon à la fin. Un moment doux, en suspension, pour revenir à l’essentiel.

A-vide: Jusqu’au 5 février au Boson, à Bruxelles, www.leboson.be

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