Critique

[Critique ciné] Une valse dans les allées, une fragile mais indéniable réussite

Nicolas Clément
Nicolas Clément Journaliste cinéma

DRAME/ROMANCE | Thomas Stuber élabore un petit objet attachant qui est autant un film sur la construction de soi que sur la dissolution de l’identité.

[Critique ciné] Une valse dans les allées, une fragile mais indéniable réussite

Dans les allées parfaitement ordonnées d’un supermarché allemand, la rencontre quasiment hors du temps entre Marion (Sandra Hüller, la fille pressée de Toni Erdmann), manutentionnaire aux tendances dépressives, et Christian (Franz Rogowski, le Joaquin Phoenix teuton, vu dans Victoria et Transit), conducteur de chariot solitaire et un peu voyeur semblant toujours muré dans une espèce de détachement, de retrait du monde, tout en étant animé par la volonté évidente de faire partie de quelque chose. Au départ de cette histoire d’amour presque tacite oscillant entre la tragédie intime et un humour aux accents slapstick, Thomas Stuber élabore un petit objet attachant qui est autant un film sur la construction de soi à travers le travail que sur la dissolution de l’identité dans son revers déshumanisant. À la composition très géométrique des plans répond une grammaire cinématographique qui joue des contraires comme de discrètes rimes visuelles -quand Christian, plus ou moins mutique, n’observe pas Marion à travers les rayons d’un grand magasin à l’éclairage glacé, c’est à travers les barreaux d’une cage d’escalier qu’il le fait. Une fragile mais indéniable réussite, malgré quelques longueurs.

De Thomas Stuber. Avec Franz Rogowski, Sandra Hüller, Peter Kurth. 2h05. Sortie: 28/11. ***(*)

>> Lire également notre interview de Thomas Stuber.

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