Critique

[Critique ciné] L’amour est une fête, d’un angélisme excessif

Louis Danvers
Louis Danvers Journaliste cinéma

COMÉDIE DRAMATIQUE | Cédric Anger offre à Guillaume Canet et Gilles Lellouche des rôles de flics infiltrés dans le Pigalle des sex-shops et peep-shows.

[Critique ciné] L'amour est une fête, d'un angélisme excessif

On pourra bien sûr, et on n’y manquera pas, adresser au film de Cédric Anger le reproche de donner du milieu du porno au début des années 80 une image d’un angélisme sans nul doute contestable. Mais voir le réalisateur de La prochaine fois je viserai le coeur faire un pied de nez aux tenants de la nouvelle pruderie politiquement correcte n’en est pas moins jouissif! Retrouvant son interprète fétiche Guillaume Canet, Anger lui offre un rôle de flic infiltré dans le Pigalle des sex-shops et peep-shows pour traquer l’argent noir qui circule au détriment du fisc. Gilles Lellouche campe (très savoureusement) son partenaire dans une enquête où les deux flics vont progressivement éprouver de la sympathie pour celles et ceux qu’ils sont censés traquer. Situé stratégiquement juste avant que le sida ne vienne jeter son ombre létale sur une liberté sexuelle obtenue de haute lutte, L’amour est une fête ose le parti de l’innocence paradoxale, de la subversion érotico-ludique, de l’hédonisme assumé. Il le fait avec humour et humanité, traçant quelques portraits mémorables (Michel Fau épatant dans son rôle de caïd illuminé) et rendant hommage à la magie du cinéma, fût-il pornographique. Dommage qu’outre son angélisme excessif, le film souffre d’un caractère trop répétitif et aussi distendu, peinant à relancer une intrigue qui s’essouffle en chemin.

De Cédric Anger. Avec Guillaume Canet, Gilles Lellouche, Michel Fau. 1h59. Sortie: 19/09. ***

Le contenu intégré souhaite enregistrer et/ou accéder à des informations sur votre appareil. Vous n’avez pas donné l’autorisation de le faire.
Cliquez ici pour autoriser cela de toute façon

Partner Content