Critique

[Critique ciné] Django, captivant de bout en bout

Jean-François Pluijgers
Jean-François Pluijgers Journaliste cinéma

BIOGRAPHIE | Pour son passage à la mise en scène, le producteur-scénariste Etienne Comar s’est attelé à une figure de légende, le guitariste de jazz Django Reinhardt.

[Critique ciné] Django, captivant de bout en bout

Et de s’intéresser plus particulièrement à la période courant de 1943 à 1945, pendant l’occupation allemande, lorsque pressé par les autorités allemandes de venir jouer à Berlin, le musicien, incarné en nuances subtiles par Reda Kateb, allait quitter Paris où il triomphait aux Folies Bergères, pour tenter de rejoindre la Suisse en transitant par Thonon-les-Bains. S’il y a là l’un ou l’autre artifice de scénario -le personnage (fictif) de Louise de Klerk (Cécile de France) en particulier, tour à tour femme fatale, maîtresse et agent double à sa façon-, le film, classique dans sa mise en scène, se révèle captivant de bout en bout, tandis qu’aux lumières de la ville en succède une autre, crépusculaire, admirablement ciselée par Christophe Beaucarne. Adoptant un point de vue original, Comar réussit à se soustraire au carcan du biopic classique tout en transcendant l’époque. Si Reinhardt considérait, à l’instar de la communauté tzigane, que cette guerre n’était pas la sienne, il sera toutefois happé par la réalité du conflit, et notamment la tragédie vécue par les siens. Qu’il s’agisse de la question des réfugiés ou encore de l’engagement politique des artistes, Django ne manque pas de résonner avec le présent, avec la musique pour instrument à la vibration difficilement résistible…

D’Etienne Comar. Avec Reda Kateb, Cécile de France, Beata Palya. 1h55. Sortie: 10/05. ***(*)

>> Lire également nos interviews de Reda Kateb et Etienne Comar.

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