Critique

[à la télé ce soir] Yellowjackets

© be tv
Nicolas Bogaerts Journaliste

La première scène annonce l’impitoyable: il y aura du sang sur la neige, de jeunes corps démembrés, des pièges et des pals, des créatures anthropophages en peau de bête.

Flash-back. Dans un lycée du New Jersey, en 1996, l’équipe de foot féminine des Yellowjackets prépare le championnat national. Shauna, Taissa, Jackie, Natalie et Misty forment un groupe hétérogène traversé par les forces centrifuges de l’adolescence, de quoi fissurer la belle unité tendue vers la victoire: souffrance psychique, orgueil, addictions, trauma. Flashforward. Alors qu’elles sont aujourd’hui quarantenaires, chacune menant sa vie loin des autres, une journaliste les contacte pour ressusciter le récit du drame survenu 25 ans plus tôt: le crash en montagne de l’avion qui les emmenait disputer un match au Canada et leur disparition durant 19 mois. Que s’est-il passé? Affamées, pourchassées comme du gibier par d’horribles prédateurs? À moins que quelque chose de plus sordide encore ne s’extraie du silence? Gore, comédie teen (et sa bande son exhaustive des nineties), survival, thriller: malgré les ruptures désaxées entre ses multiples genres, la greffe Yellowjackets prend, maintenant une cohérence qui la rend fascinante malgré ses outrances. Les actrices, surtout, exécutent avec de troublantes nuances une partition rigoureuse: Christina Ricci, Juliette Lewis, Tawny Cypress et surtout la formidable Melanie Lynskey sondent la profondeur des plaies et leur camouflage méthodique dans un récit qui expose les multiples manifestations de leur instinct de survie.

Série créée par Ashley Lyle et Bart Nickerson. Avec Melanie Lynskey, Tawny Cypress, Christina Ricci. ***(*)

Samedi 19/02, 20h30, Be Séries.

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