Critique

[à la télé ce soir] The Sinner (saison 4)

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Nicolas Bogaerts Journaliste

Après une troisième saison particulièrement rude pour les systèmes nerveux, l’inspecteur Harry Ambrose (Bill Pullman) méritait bien un peu de repos.

Avec son nouvel amour Sonya (Jessica Hecht), il s’est retiré sur une petit île au large du Maine afin de profiter d’un semblant de paix intérieure. Mais c’est plus fort que lui: la disparition de la fille du puissant pêcheur local, la jeune Percy, l’attire une fois de plus dans les rouages d’une enquête éprouvante, menée par une police locale complètement dépassée. La mécanique du crime, étouffée par les non-dits et les apparences trompeuses, rappellerait ici Edgar Allan Poe dans ses ressorts triviaux, si elle ne mettait à jour un racisme rampant. La mélodie mise au point par le showrunner Derek Simonds est bien huilée. Il souligne combien le trauma, la culpabilité, les peurs enfouies sont des agents du Mal. Leur effet miroir affecte un Ambrose décidément pas sorti de l’auberge et qui, dans cette intrigue aux confins du royaume des morts, fait songer à un Orphée vieilli et décidément inconsolable. Dans des visions éprouvantes, il est visité par la disparue, Percy (Alice Kremelberg, dans une impressionnante prestation) dont l’évanescence nourri ses obsessions. Lente comme une montée de post-rock, la dernière saison de The Sinner atteint son classicisme stylistique et narratif.

Série créée par Derek Simonds. Avec Bill Pullman, Jessica Hecht, Frances Fisher. ****

Samedi 22/01, 20h30, Be Series.

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