Critique

[à la télé ce soir] The Kinks, Echoes of a World

© ALAMY
Julien Broquet
Julien Broquet Journaliste musique et télé

Un portrait assez original du groupe qui célébrait l’Angleterre et avait vite compris que l’humour était la meilleure arme pour prendre position.

Au milieu des sixties, dès leur première tournée au pays du blues et de l’Oncle Sam, les Kinks sont bannis des États-Unis. Notamment, dit-on, parce que Ray Davies aurait collé une mandale sur le tournage d’une émission de télé. Un homme aurait eu le culot de leur asséner « simplement parce que les Beatles l’ont fait, n’importe quel adolescent acnéique pense qu’il peut venir ici et faire carrière« . Dont acte. À l’époque, certains lui recommandent de chanter à l’américaine mais Ray préfère raconter d’où il vient, les gens qu’il connaît et le tout avec son accent so british. « C’est l’un des trois albums qu’il faut avoir absolument dans sa discothèque« , dit au sujet de The Kinks Are the Village Green Preservation Society, un sage Noel Gallagher, non sans gentiment taquiner Damon Albarn. Rythmé par l’interview des frangins Davies, de Mick Avory mais aussi de Jon Savage, Graham Coxon, Paul Weller, Suggs (Madness) ou encore Andy Partridge (XTC), Echoes of a World raconte l’histoire de l’album et par la même occasion un groupe de la classe ouvrière qui célébrait l’Angleterre d’une écriture détaillée et avait vite compris que l’humour (de préférence cynique et à froid) était la meilleure arme pour prendre position. Charlie Thomas, à qui l’on devait déjà des docus sur 10cc et UB40, a embauché Danny Horn, qui interprétait Ray Davies dans la comédie musicale Sunny Afternoon, pour quelques scènes de fiction dans ce portrait assez original.

Documentaire de Charlie Thomas. ***(*)

Mardi 09/03, 22h55, La Trois.

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