Critique

[À la télé ce soir] Stephen King: le mal nécessaire

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Julien Broquet
Julien Broquet Journaliste musique et télé

Maître du suspense et de l’horreur, il a révélé l’appétit féroce du public pour le macabre. Ses romans ont inspiré quantité de films et de séries.

Un écrivain raté hanté par des fantômes (The Shining), un Saint-Bernard assoiffé de sang (Cujo), une ado qui fout le bazar à son bal de fin d’année (Carrie), une Plymouth Fury rouge qui carbure à la cruauté (Christine) ou encore un clown cannibale qui traque les enfants (Ça)… Romancier à la productivité surnaturelle, Stephen King célèbre depuis plus de 50 ans dans ses écrits la face sombre de l’humanité. Derrière une littérature facile, accessible au plus grand nombre, avec un amour du sous-texte hérité des romans de science-fiction, des BD horrifiques et des films de monstres, l’auteur terrible révèle les dysfonctionnements de notre société. À travers des extraits de films et un tas d’interviews d’archives, Julien Dupuy tire le portrait d’un gosse marqué par l’assassinat de Kennedy et par le serial killer Charlie Starkweather. Il raconte un écrivain qui a l’habitude de mettre en garde contre l’abêtissement des masses et s’attaque souvent aux fanatiques religieux. « Si quelqu’un t’offre une Bible pour ta main droite, il te mettra tôt ou tard un flingue dans la main gauche. » Stephen King évoque Misery, compare son Shining à celui de Kubrick. Passionnant.

Documentaire de Julien Dupuy. ****

Vendredi 23/10, 22h30, Arte.

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