Critique

[à la télé ce soir] Sort of

© ABACUS MEDIA
Nicolas Bogaerts Journaliste

Drôle, tendre et bien moins sucrée qu’il n’y paraît, cette série dresse en huit épisodes d’une vingtaine de minutes le portrait de Sabi Mehboob, enfant d’immigrés pakistanais, non-binaire, pince-sans-rire, qui cumule un job dans un bar LGBTQI et un autre de nounou.

Ce dernier consiste à accompagner, sur le chemin de l’école et au retour, les enfants d’un couple bourgeois accros au boulot. Interprété par Bilal Baig (qui signe le scénario), Sabi a tout du personnage autobiographique. Son allure assumée, son regard franc, faussement nonchalant, son sens de la répartie et sa sagacité lui permettent de naviguer dans un quotidien fait d’oscillations perpétuelles, de ressorts comiques et d’attendrissements. Qu’on ne s’y trompe pas: derrière ses allures de comédie douce-amère, Sort of pointe admirablement l’impression, partagée par la large gamme de ses protagonistes, d’inaccomplissement, d’incomplétude, de vide, d’invisibilité. Quand I May Destroy You donnait de la voix avec une admirable férocité, Bilal Baig privilégie une voie plus oblique, notamment au travers d’une réalisation qui va à l’essentiel et s’offre quelques perles de comédie. En tordant le bras aux conditionnements, aliénations et injonctions, Sort of déploie une galerie de personnages pris dans de touchantes réévaluations de trajectoire.

Série créée par Bilal Baig et Fab Filippo. Avec Bilal Baig, Gray Powell, Ellora Patnaik. ****

Jeudi 13/01, 20h30, Be 1.

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