Critique

[à la télé ce soir] Il était une fois l’amour à la française

© Point du jour / Les films du Balibari
Julien Broquet
Julien Broquet Journaliste musique et télé

S’il existe un tas de mots dans le langage commun pour qualifier le baiser avec la langue (pelle, patin, galoche…), aucun ne figure au dictionnaire. Universellement connu sous le nom de french kiss, le baiser mouillé était tout bonnement interdit en France au début du XIXe siècle. Réservé qu’il était aux prostituées.

Raconté par Emmanuelle Béart, étayé par des quidams (toujours plein d’à-propos) et des personnalités comme Jean-Pierre Darroussin et Cédric Klapisch, ce documentaire explore en long, en large, en travers et à l’horizontale les passions hexagonales. Les Premiers Pas: 1789-1914, premier des trois épisodes, revient sur une époque où étonnamment beaucoup de choses étaient permises tant qu’elles ne débouchaient pas sur un enfant. Mariage imposé, âge d’or du conte de fées, amour dans le milieu agricole, puis ouvrier… Il était une fois l’amour à la française lève un coin du drap et déjoue les clichés. Ça parle d’un temps où le mari avait le droit de tuer sa femme s’il la surprenait dans les bras d’un autre, de l’État qui encadrait la prostitution (l’homme devait retourner indemne de tout sentiment auprès de son épouse), de l’amour pendant la guerre et de l’apparition des courriers du coeur. Mais aussi du mariage pour tous, de #MeToo et du consentement… Une histoire de l’autonomie de la femme. Une histoire sociale de l’amour. Bonne Saint-Valentin…

Documentaire en trois parties de François Davisse et Carl Aderhold. ****

Lundi 14/02, 21h10, France 3.

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