Critique

[à la télé ce soir] Cry Wolf

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Nicolas Bogaerts Journaliste

Lorsque Holly décrit, dans son cahier de rédaction, le climat de violence imposé par son beau-père à elle et aux autres membres de sa famille, elle déclenche une réaction en chaîne qui remonte de l’école vers les services de protection de l’enfance.

Lars, travailleur social blanchi sous le harnais, décide de placer Holly et son petit frère Theo dans un foyer d’accueil, tandis que les parents basculent de l’incrédulité vers la dénégation. C’est parole contre parole, littéralement. Scénariste de Borgen, Maja Jul Larsen réussit une étonnante réflexion sur l’établissement de la vérité, la crédibilité et le pouvoir des mots et des apparences. L’alternance des vues différentes sur les événements donne une drôle d’impression de symétrie, avant de s’ouvrir sur les racines du drame. Cry Wolf demeure donc un suspense très scandinave dans sa gestion de la tension narrative. La réalisation délicate de Pernille Fischer Christensen (Ours d’argent à la Berlinale de 2006 pour Soap) réussit à mettre l’action en suspens pour laisser toute latitude aux sentiments de se mouvoir dans la géographie naturaliste des images. Sur le dossier brûlant des violences intrafamiliales et des dysfonctionnements de l’administration, l’ensemble du casting parvient à rendre tangibles l’empathie tout autant que la violence, la douleur et les silences assourdissants.

Série créée par Maja Jul Larsen. Avec Bjarne Henriksen, Peter Plaugborg, Christine Albeck Børge. ***(*)

Dimanche 04/07, 20h30, Be 1.

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