Critique

[à la télé ce soir] Avant le déclin du jour

© CINEMAAT
Julien Broquet
Julien Broquet Journaliste musique et télé

Les sixties et seventies sont connues au Maroc comme les années de plomb. En ce temps-là, la génération qui a grandi avec l’indépendance cherche à inventer de nouvelles formes d’expression et fait écho aux contestations ouvrières et estudiantines.

Époque de lutte et de rêves collectifs pour le changement, émulation et désirs d’expérimentation… Si ses créations sont souvent censurées et marginalisées (elles le resteront longtemps), l’avant-garde artistique marocaine est foisonnante. La répression terrible du régime de Hassan II a tout fait pour en effacer jusqu’au souvenir. Oeuvres interdites, auteurs réduits au silence ou à l’exil quand ils ne sont pas condamnés à la torture, à la prison ou portés disparus… Avant le déclin du jour rend hommage à cet âge d’or à travers des extraits de films, de vieilles images d’actualité, des photos et des textes sauvés de la destruction, les récits croisés d’un ancien détenu politique et d’un réalisateur dont le film a été interdit par le pouvoir. Un collage pas toujours d’une grande lisibilité mais un film plein de souffle à la musique formidable.

Documentaire d’Ali Essafi. ***(*)

Lundi 22/02, 00h10, Arte.

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