Critique

À la télé ce mercredi soir: Holy Motors

Holy Motors, un ovni cinématographique réalisé par le talentueux Leos Carax. © DR
Louis Danvers
Louis Danvers Journaliste cinéma

Inclassable autant que fascinant, voici donc le dernier opus en date du très talentueux et aussi très mégalo Leos Carax (son pseudo est composé des lettres de son prénom -Alex- et de celles de l’Oscar qu’il se promettait d’obtenir un jour!).

L’ex-jeune prodige du cinéma français, révélé très tôt par les excellents Boy Meets Girl et Mauvais sang, a subi des échecs (immérité pour Les Amants du Pont-Neuf, justifié pour Pola X) qui l’ont sans doute fait mûrir mais pas totalement s’assagir, heureusement. Le difficilement descriptible Holy Motors confirme la chose, tant il est singulier. On y voit le complice des débuts de Carax, l’intense Denis Lavant, tenir une multitude de rôles dans une suite de fictions correspondant à des moments de vie. Etre acteur et/ou vivre, mentir pour dire la vérité: les paradoxes abondent dans une oeuvre aux images très souvent fulgurantes, et presque toujours fort énigmatiques. Carax est poète et nous touche par-delà les concepts, par-delà un récit qui s’esquive et des provocations qui jamais ne s’excusent. Ce cinéma-là se crée au fil du désir. Un désir partageable. Eminemment partageable. Il faut découvrir Holy Motors, ovni cinématographique où la sculpturale Eva Mendes se fait enlever par un satyre…

  • DRAME DE LEOS CARAX. AVEC DENIS LAVANT, EDITH SCOB, EVA MENDES. 2012.
  • Mercredi 3 septembre à 20h50, sur Arte.

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