Critique | Netflix

[la série de la semaine] Ozark (saison 4, 1re partie): affaires conclues?

Nicolas Bogaerts Journaliste

Portée par un casting au sommet de son art, Ozark entame ses adieux. La première partie de son épilogue, magistrale, réserve déjà son lot de surprises.

Le chemin aura été long et semé d’embûches pour Martin et Wendy Byrde ce couple exilé avec enfants, depuis trois saisons, dans les Ozarks, région reculée du Missouri, pour blanchir l’argent du narcotrafiquant Omar Navarro. Pensant racheter une vieille dette et sauver leur peau, ils tutoient désormais les sommets du crime, après s’être frottés aux caïds bouseux du coin, à la pègre, aux autorités, et tentent de sauver leur vie de famille d’un désastre toujours plus imminent. La quatrième saison de cette série qui ne lésine pas sur les coups de théâtre sanglants poursuit sa dynamique retorse, portée par une écriture bonifiée et un casting rôdé où trônent Jason Bateman, Laura Linney et Julia Garner.

Omar le narco confie aux Byrde la mission impossible de laver sa réputation autant que son argent. Il envoie en superviseur son neveu Javi, carrément flippant. Darlene et le jeune Wyatt poursuivent leur idylle, récupèrent Ruth (Julia Garner), l’ex-bras droit vengeresse de Martin, et relancent leur trafic avec l’aide de la mafia. Martin et Wendy doivent à nouveaux se frayer un chemin dans les ronces tout en maintenant leur couple et leur famille à flot. Il est temps de régler les comptes au sein de cette famille qui a franchi depuis longtemps les limites de la rédemption. Qui fera tomber le couperet? Le FBI et l’agent Maya Miller? La bande de Darlene? Omar et Javi? Leurs propres enfants? Ou Mel, cet homme lugubre, qui prétend vouloir retrouver Helen Pierce? Les Byrde ont intérêt à garder leur attention fixée sur la route et ses abords, les mains fermement pressées sur le volant, pour éviter l’embardée fatale.

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Charybde, Scylla et les autres

La réalisation soigne ses oxymores, ses décalages (humour, bande son festive) et ses surprises. Le scénario d’une folle intelligence nous entraîne dans un dédale de manipulations et de coups à deux bandes aux issues anxiogènes. La dynamique est implacable: pour se tirer de très mauvais pas, les Byrde (Jason Bateman et Laura Linney) passent de Charybde en Scylla et au-delà avec une régularité hors-normes, juste ce qu’il faut de ruse, d’aplomb et de chance pour à chaque fois passer entre les mailles du filet. Intrigues et arches narratives généreusement composées se referment comme un piège à souris: la seule manière de sauver sa peau, c’est d’aller toujours plus loin, d’être toujours plus retors. Or plus on avance, plus les possibilités de salut s’annihilent. En dernier recours, ce sont les brillants scénaristes qui tirent de leur chapeau celles et ceux qui en sortiront vivants, et les circonstances déroutantes qui emporteront les autres de vie à trépas.

Ozark (saison 4, 1re partie)

Drame. Une série créée par Bill Dubuque et Mark Williams. Avec Jason Bateman, Laura Linney, Sofia Hublitz. Disponible sur Netflix. ****

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