Critique scène: Ecume, des cendres sur la plage

Estelle Spoto
Estelle Spoto Journaliste

Tout au long de la côté belge, Ilyas Mettioui explore dans EcumeKnokke-le-Zout les chemins de traverse de nos destins. Avec un groupe d’interprètes hétérogène mais cohérent, lié autour de l’irrésistible Déborah Rouach.

« Est-ce qu’on notre destin, on le choisit ?», interroge l’héroïne d’Ecume, s’adressant directement au public au milieu d’un décor de blocs de béton qui feront aussi bien office de brise-lames que de socle et de maison. Tout au long du spectacle, nous allons suivre cette jeune femme sans nom au fil de la ligne de tram qui relie La Panne à Knokke, à la recherche d’une plage qui pourrait convenir pour répandre les cendres de son père qu’elle n’a pas connu.

Dans ce périple, elle (Déborah Rouach, en boule de détermination) est accompagnée en vrai ou en pensée par sa mère (Cécilia Kakonda), sa grand-mère (Annette Baussart), un père imaginé (Benoît Gob), une autre père possible (Mustapha Hadj), un amoureux (Ben Fury) et un autre amoureux (David Scarpuzza).

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Une pièce rafraîchissante

Avec sa petite assemblée d’acteurs professionnels et non-professionnels, experts ou novices en danse, d’origines et d’âges divers, Ilyas Mettioui (Contrôle d’identités, Ouragan), qui signe ici à la fois le texte et la mise en scène, questionne avec une belle dose d’humour et une plume savoureuse ce qui nous construit, ce dont on hérite, ce qu’on porte avec soi, notre liberté, les pressions qu’on subit, le fait de ne pas être à sa place -ou plutôt à la place qui nous a été assignée- et les possibilités de changer de cap.

Formules qui font mouche, chœurs chorégraphiés, poésie, boucles textuelles et musicales, un peu de Claude François et une belle solidarité de groupe : Ecume vient rafraîchir l’été en douceur, comme une onde mousseuse qui apaise.

Ecume : Jusqu’au 18 juin à l’Atelier 210 à Bruxelles, www.atelier210.be

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