Les soirées Hangar invitent Denis Meyers pour un livestream caritatif

L'église de Gesù dans laquelle se déroulera le livestream ce jeudi. © Hangar

Depuis le début du confinement, les livestreams fleurissent. Ces concerts en ligne permettent de s’évader le temps d’un set et de retrouver une partie de l’ambiance qui nous manquera cet été. Parmi les plus remarqués, ceux du Hangar, dont nous avons assisté aux coulisses de l’événement diffusé ce jeudi. Aperçu.

En pleine après-midi, on s’agite dans l’Église du Gesù. Un ballet incessant de flightcases et de matériel franchit les portes de l’ancien lieu saint. À première vue, on pourrait croire qu’une soirée clandestine s’y prépare. Après tout, l’endroit a l’allure de ces lieux dans lesquels on rêverait tous de pouvoir taper du pied le temps d’une soirée. Il a d’ailleurs accueilli la soirée de lancement de Tomorrowland en 2018. Malheureusement, par les temps qui courent, on se doute que ce n’est pas en vue d’une prochaine rave que tout ce beau monde s’active. Comme on l’entend tous les jours, aucun rassemblement de masse n’est autorisé jusqu’à nouvel ordre. Triste pour certains, logique pour d’autres: la mesure ne fait pas l’unanimité. Elle pousse cependant les organisateurs et les acteurs du monde de la nuit à se réinventer afin de ne pas tomber dans l’oubli (ou la faillite).

« Au début, on ne se rendait pas compte du temps que le confinement allait durer. Comme tout le monde, je pense. À un moment on s’est dit: c’est simple. Soit on reste inactifs jusqu’en octobre/novembre ou bien on cherche un moyen de rester présents. Pourtant ce n’est pas notre domaine. On a des partenaires comme Cercle en France qui font des livestreams d’une manière incroyable », explique Marvin Weymeersch, responsable de la programmation des soirées Hangar.

« Hangar, c’est un concept de mini festival électro avec plusieurs scènes et un foodmarket qu’on aime mettre en valeur. Combiné à l’ambiance rave techno dont les gens raffolent de plus en plus et qui devient de plus en plus commercial, ça donne l’expérience totale du Hangar. » Fondé par Marvin, Cameron Heal et Thibaut Ickx en 2018, il aura fallu 2 ans au concept pour s’imposer dans l’inconscient des jeunes raveurs bruxellois comme l’une des références du milieu. Fort de ses 2000 à 4000 fêtards par édition, Hangar met aussi un point d’honneur à soigner l’ambiance dégagée par ces soirées. Dans l’ombre, certains conçoivent des shows lumineux à couper le souffle. « On a développé un partenariat avec la société Laser System Europe . Ça nous permet d’obtenir un matériel professionnel. Dans l’autre sens, nos soirées permettent à LSE de tester de nouvelles ambiances, différentes à chaque édition » Malgré des moyens imposants et un matériel haut-de-gamme, l’impression qu’une bonne dose de débrouillardise reste présente. « On reste des jeunes. Quand on organise quelque chose comme le live d’aujourd’hui, il y a forcément des bénévoles qui donnent de leur temps. On a tout monté à une dizaine. »

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Mais le cachet du Hangar, on le ressent aussi dans le choix du lieu. Que ce soit pour leurs soirées, ou pour les livestreams. Après un premier live sur les toits en construction de l’hôpital Edith Cavell fin mars, Hangar était revenu avec un live caritatif en collaboration avec Charles Kaisin. Pour l’occasion, l’artiste avait confectionné une maison en origami, suspendue dans une des salles du nouveau centre Pompidou, au bord du Canal. « Suite aux retours très positifs du premier live et à l’appel aux dons, plutôt urgent venant de la Croix Rouge, on a décidé de remettre le couvert. »

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.© Hangar

Pour l’occasion, l’artiste Denis Meyers, habitué au travail caritatif, réalisera un live painting durant la totalité du livestream. Afin de récolter un maximum de dons, une des oeuvres réalisées par l’artiste bruxellois sera donnée à un donateur tiré au sort. En se baladant avec lui dans les couloirs de l’église, on aura même aperçu une ancienne oeuvre à lui. « Ça doit dater entre 2000 et 2007. Je ne sais plus trop« , avoue-t-il en rigolant. Pour Marvin, la recherche de ces lieux est un travail à plein temps: « Premièrement, ça m’amuse de visiter ces lieux, même en sachant qu’y organiser une soirée serait en théorie impossible. Et puis grâce au bouche-à-oreille, on tombe sur un lieu abandonné et on essaye de contacter le propriétaire. Parfois les réactions sont négatives, et parfois comme aujourd’hui on tombe sur la perle rare.« 

Quoi qu’il en soit, diffusés en live ou non, ces concerts marquent un tournant dans la consommation de la musique électronique. L’objectif? Fidéliser un public, bien que déjà acquis et conquis par ces concepts de soirées aux racines anciennes, mais remises au goût du jour.

Pour découvrir le live que les équipes du Hangar ont préparé, rendez-vous ici ce jeudi, dès 21h. Attention, c’est impressionnant. On vous aura prévenus.

Julien Roubaud

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