Critique | Musique

L’album de la semaine: Big Time d’Angel Olsen

3,5 / 5
© ANGELA RICCIARDI
3,5 / 5

Album - Big Time

Artiste - Angel Olsen

Genre - Musique alternative/indé

Label - Olsen “Big Time” Distribué par JagJaguwar/Konkurrent

Julien Broquet
Julien Broquet Journaliste musique et télé

Angel Olsen sort un disque d’amour et de deuil, pleurant ses parents adoptifs et assumant son homosexualité.

“Big Time est le combat de la lumière contre l’ombre raconté à travers un espace rêvé surréaliste non-linéaire qui pose un dilemme central. Combien de temps faut-il pour oublier le passé afin de sortir de l’obscurité et d’accepter le vrai soi? C’est une histoire qui vise des complexités profondément ancrées en nous, parle de l’inconscient dans l’identité sexuelle refoulée (…) .De la culpabilité qu’on porte face à la perte.” Ces mots ne sont pas d’Angel Olsen. Ils sortent de la bouche de la réalisatrice, clippeuse et productrice Kimberly Stuckwisch (qui avait déjà signé la vidéo de son duo avec Sharon Van Etten). Dans un esprit bien dans l’air du temps, œuvre totale et vision panoramique, Big Time n’est pas qu’un album. C’est aussi un petit film d’une demi-heure proposé par Amazon Music, les clips des singles ayant été intégrés à une narration. Une drôle de fable inspirée par un rêve qui évoque entre autres Twin Peaks et Alice au pays des merveilles.

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Disque assurément le plus personnel d’Olsen, Big Time est un album d’amour et de mort, de romance et de chagrin, d’épiphanie et de deuil. Née en 1987 à St. Louis, dans le Missouri, et adoptée alors qu’elle n’avait que 3 ans, Angel Olsen était en train d’accepter son homosexualité et de se confronter aux traumatismes qui l’empêchaient d’embrasser réellement qui elle était lorsqu’elle a compris qu’il était temps de faire son coming out auprès de ses parents. “ Enfin, à l’âge avancé de 34 ans, j’étais libre d’être moi.” Son père est mort trois jours plus tard, sa mère ne tardant pas à le suivre dans la tombe. Trois semaines après son enterrement, Angel a pris un avion pour Los Angeles et est partie enregistrer son nouvel album dans les décors verdoyants et montagneux de Topanga Canyon.

© National

Big Star, Dolly Parton, Neil Young…

Après trois albums remarquables entre intimisme folk possédé (Half Way Home) et indie rock à la Courtney Barnett ( Burn Your Fire for No Witness, My Woman), on avait fini avec le temps et les disques par perdre totalement Angel Olsen, planquée derrière des orchestrations grandiloquentes, des arrangements bombastiques et des nappes synthétiques. Comme rattrapée par ses aspirations adolescentes de devenir une pop star. La perte de ses parents l’a rendue plus à l’aise pour parler d’amour. Big Time flotte ailleurs. C’est un disque de singer-songwriter dans le sens traditionnel du terme et un esprit très americana. Une collection de chansons douces, intimes, qui reflètent son intérêt pour la country. Son obsession pour Big Star, Dolly Parton, Neil Young et Dusty Springfield. Dix titres pour se réconcilier avec une artiste qui n’a jamais autant été elle-même.

Le 15/10 au Depot (Leuven).

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