Hear Hear: Rock’n’Roll stars

© BELGA
Julien Broquet
Julien Broquet Journaliste musique et télé

Au Pukkelpop pour les vieux, Kings Of Convenience a allumé le feu de camp, Parquet Courts chauffé le dancefloor et Liam dédicacé Wonderwall à Kevin De Bruyne.

Si t’as plus de 30 ans, fais des festivals, veux te sentir bien et jeune, oublie les crèmes, le sport, l’eau plate, la bouffe bio et la chirurgie. Il suffisait ce week-end d’aller se promener au Hear Hear. Le Pukkelpop pour les vieux. Enfin, les vieux, on se comprend. C’était pas non plus tribune, sonotone et chaise percée. N’empêche qu’on était loin de la boum de rhéto. Déjà peut-être parce qu’il y avait des guitares. Plein de guitares. Celles toutes gentillettes pour commencer la journée des Norvégiens de Kings of Convenience. 21 ans déjà (ah ouai, ça ça fait moins plaisir tout de suite) qu’Erlend Oye et Eirik Glambek Boe, les Simon et Garfunkel du XXIe siècle, les enfants de choeur au pays des brûleurs d’église, ont sorti leur premier album Quiet Is The New Loud. C’est beau. C’est doux. C’est fragile. La musique du boyscout. L’éloge de la simplicité. Même quand entourés de musiciens. Erlend a dû prendre des cours de danse avec Adam Green et se renseigne sur les Bergen du coin (le nom de la ville norvégienne d’où il vient). Un jumelage et hop, au Doudou l’an prochain. Mais bon sang, où est le feu de camp?

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Le feu, les Girls Against Boys l’ont gardé. Tous les prétextes sont bons. La bande à Scott McCloud a repris la route pour fêter les 25 ans (plus ou moins) de House of GVSB. Un hommage en somme au rock indépendant américain des années 90.

Gimme Gimme, Yeah Yeah, Waw Waw. Au Hear Hear, les noms des chapiteaux bégaient mélomanes. Un petit coup d’oeil à Billy Nomates. Sorte de Jason Williamson au féminin. De Sleaford Mods toute seule (c’est elle qui lance l’ordi). Les choix sont parfois cornéliens. Tant pis pour Battles. De toutes façons, Parquet Courts balance le meilleur concert de la journée. Toujours impeccables sur disque depuis la sortie de Light Up Gold il y a dix ans, le groupe new-yorkais avait souvent sur scène du mal à convertir l’essai. Avec les chansons de Sympathy For Life paru l’an dernier, Austin Brown et ses potes semblent avoir trouvé la formule magique. Un croisement entre le punk new-yorkais des années 70 et le Manchester de la grande époque. Television, Talking Heads, Happy Mondays, Primal Scream… Parquet Courts grimpe dans les tours. Montre les dents et cire le dancefloor. Andrew Savage est remonté. Tantôt catchy, tantôt énervé avec ses tubes en accéléré. Le set parfait.

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Post punk, disco funk, nerdy music for dancing people… Les Anglais de Squid aussi ont marqué des points et les esprits. On n’a pas encore eu droit à l’hymne Houseplants mais le gang de Brighton a livré un concert plus direct, plus immédiat, plus ramassé qu’au Bota en octobre dernier. Le concert de rockeurs qui ont étudié la musique et les neurosciences et ont signé sur un label électronique (le prestigieux WARP). Quoi d’autre? Des vieux. Encore des vieux. Bien conservés mais plus ou moins inspirés. Thurston Moore a 64 balais mais ne s’en laisse pas compter. Genre je ne prendrai pas ma pension et je vous emmerde. Le guitar hero ultime et un concert bien balancé entre extraits de ses albums solos et improvisations façon Ateliers Claus. Jeunesse sonique éternelle.  

Plus encore que les Pixies qui ont livré une prestation en demi teinte avec une setlist bancale et trop de morceaux dont on n’avait rien à caler, c’était Liam Gallagher la rock and roll star de la soirée. Et sans doute l’une des dernières rock and roll stars tout court. Il peut faire 35 degrés, Liam, il lâche pas son parka. Il met juste un bermuda. Et puis sur 13 chansons, il t’en fait sept d’Oasis. Morning Glory, Rock’n’Roll Star, Roll It Over, Slide Away, Cigarettes & Alcohol, Champagne Supernova et la scie Wonderwall qui passe tout de suite mieux quand elle est dédicacée à Kevin De Bruyne.

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Trois scènes, 18 concerts, un DJ set des Avalanches et 15.000 spectateurs selon les organisateurs qui en visaient 20.000 au mois de juin. On attend des news sur la moyenne d’âge mais quoi, ça retente le coup l’an prochain?

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