Laurent Hoebrechts
Laurent Hoebrechts Journaliste musique

“I Never Liked You”

Future est-il l’artiste le plus influent des années 2010? C’est en tout cas ce qu’affirmait Kanye West, l’an dernier, au micro du podcast Drink Champs. Venant de Ye, certes porté à l’hyperbole (mais qu’il réserve généralement à son propre cas), la sentence n’était pas complètement anodine. De fait, on saurait difficilement minimiser l’impact de Nayvadius DeMun Wilburn (Atlanta, 1983). Si la trap a dominé l’esthétique rap de ces dernières années, c’est en grande partie grâce à lui, et à la manière, révolutionnaire, dont il a su user et abuser des effets vocaux, malaxant la langue pour en faire une matière sonore inédite. Dix ans après Pluto, son premier album “officiel”, Future sort I Never Liked You. Il succède à High Off Life, publié en 2020. Hyperproductif, le rappeur n’avait jamais laissé passer autant de temps entre deux projets. De là à imaginer qu’il en a profité pour rénover sa grammaire, il y a un pas. Moulé dans son costume d’anti-héros toxique, Future continue d’appuyer sur les mêmes ressorts sex, lean & bling bling ( For a Nut, avec Gunna et Young Thug). Même quand il va chercher la star nigériane Tems, sur le très réussi Wait for U, avec Drake, il se garde bien d’y distiller d’éventuelles sonorités afrobeats. Business as usual? Si Future ne représente plus vraiment l’avenir (…), I Never Liked You n’en reste pas moins hyper-efficace. Dans la seconde moitié du disque surtout, avec des morceaux comme Love You Better, presque désarmant, Voodoo (avec Kodak Black) ou l’angoissant Holy Ghost, Future préserve son “rang”.

© National

Distribué par Sony.

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