Françoise Hardy, figure de la chanson française, est décédée à 80 ans

Francoise Hardy en 1968.

Françoise Hardy, figure de la chanson française à l’aura internationale, est décédée à 80 ans.

Avec le départ de Françoise Hardy, décédée à l’âge de 80 ans, c’est une artiste discrète, icône des sixties et figure de la chanson française à l’aura internationale, qui disparaît. Son fils Thomas Dutronc a annoncé son décès mardi soir sur ses réseaux sociaux. « Maman est partie », a-t-il mis en ligne, avec une photo de lui enfant, auprès de sa mère.

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Dans le classement des 200 meilleurs chanteurs de tous les temps du magazine américain Rolling Stone en 2023, elle était l’unique représentante de la France. Le cancer était apparu dans sa vie dès 2004, prenant plusieurs formes et lui faisant vivre un cauchemar. La chanteuse avouait ainsi à Paris Match en 2023 qu’elle voulait « partir bientôt et de façon rapide, sans de trop grosses épreuves, comme l’impossibilité de respirer ».

Tout a commencé pour l’artiste en 1962 avec ce hit instantané – plus de 2 millions d’exemplaires vendus – « Tous les garçons et les filles », qu’elle a écrit et composé, fait rare à l’époque. Elle a alors 18 ans, c’est son premier disque.

françoise hardy
Francoise Hardy

Mélancolie tranchante

Françoise Hardy, toute en contradictions, est là: elle perce en pleine vague yéyé mais ne correspond pas vraiment à cette étiquette. Dans cette période insouciante, sa mélancolie tranche: « Oui mais moi, je vais seule par les rues, l’âme en peine/oui mais moi, je vais seule, car personne ne m’aime ».

En dehors de ce tube, le public garde en mémoire sa voix délicate, le couple people intriguant qu’elle forma avec Jacques Dutronc (de leur union naîtra Thomas, également devenu chanteur comme ses parents). Mais pas seulement. C’était aussi l’ambassadrice d’une élégance française et pop à l’international, un « idéal féminin » pour Mick Jagger, figure fantasmée pour Bob Dylan ou David Bowie.

Parmi les autres pépites, on peut, entre autres, citer « Mon amie la rose » (1964) ou « Comment te dire adieu » écrit par Serge Gainsbourg (1968). Ce morceau est une adaptation de « It hurts to say goodbye » par l’Américaine Margaret Whiting. Mais c’est la version Hardy que reprendra – sur une rythmique dance – Jimmy Somerville, l’ancien leader de Bronski Beat, 20 ans plus tard. 

L’album « La question », ovni réalisé avec la Brésilienne Tuca, est un des disques de chevet du chanteur Etienne Daho, admirateur devenu ami de la chanteuse aux cheveux couleur neige, l’âge venu. « Le temps de l’amour » résonne dans le film « Moonrise Kingdom » de Wes Anderson et Morrissey, ex-leader de The Smiths ne passe pas une interview sans la citer. 

« Toute ma vie, j’ai été à l’affût des belles mélodies »

Pas mal pour une jeune Parisienne – élevée avec sa soeur par une mère seule – qui n’a eu sa première guitare qu’à 16 ans et a poussé la première fois la porte d’une maison de disques après une petite annonce lue dans la presse. 

« Toute ma vie, j’ai été à l’affût des belles mélodies. En écouter me met au septième ciel, confie-t-elle en 2018. Les plus beaux thèmes mélodiques sont toujours mélancoliques ou romantiques ». 

Elle disait aussi que chanter ne lui était pas naturel et a rapidement abandonné la scène. Cette férue d’astrologie parlait sans détour de son cancer. Et de l’idée de la fin. « La mort n’est que celle du corps, lequel est d’essence matérielle. En mourant, le corps libère l’âme qui est d’essence spirituelle. Mais il n’en reste pas moins que la mort du corps est une épreuve considérable et je l’appréhende autant que tout le monde. »

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