Julien Broquet
Julien Broquet Journaliste musique et télé

GAZON BéNI – Joyau de la couronne, Supergrass a vieilli mais n’a pas pris une ride. La preuve avec le scintillant Diamond Hoo Ha.

« Diamond Hoo Ha »

Distribué par EMI. N ous sommes un peu plus âgés que la plupart des groupes qui font la loi aujourd’hui mais nous devons rester pertinents, contemporains. Les difficultés auxquelles nous avons dû faire face nous ont revigorés. » Treize ans après la sortie d’I Should Coco, sans doute le plus frais et réjouissant disque de la Britpop, Supergrass est toujours là. Le groupe a résisté aux modes, aux aléas de la vie. Somnambule, Mick Quinn a bien failli rester tétraplégique après être tombé par la fenêtre d’une maison qu’il louait dans le sud de la France. Mais, comme disait l’autre, ce qui ne tue pas rend plus fort. Pendant que leur bassiste se retapait, écoutait les Stooges, les Pixies et Al Green, Gaz Coombes et Danny Goffey tuaient le temps au Barfly, à Camden, sous le nom des Diamond Hoo Ha Men. « Un groupe de pop chinoise. Un vieux couple (Duke et Randy) qui avait entamé sa carrière comme cover band de Rammstein » explique une bio fictive sur Myspace. « Ils n’ont existé que le temps d’un single » insistent les deux barjots. Assez que pour inspirer le titre du nouveau Supergrass.

POIL à GRATTER

Un disque rock, un disque glam… Moins sombre et plus sautillant que Road to Rouen marqué par le décès de la mère de Gaz et Rob. « Nous voulions enregistrer un disque qui englobe tout ce que représente Supergrass. La joie, l’intensité et les mélodies ont toujours été primordiales à nos yeux. »

Alors, en 2007, le quatuor anglais entre au Hansa. Légendaire studio berlinois dans lequel ont bossé David Bowie et Iggy Pop. Les quatre fêlés d’Oxford en rigolent. « L’endroit n’a pas beaucoup changé depuis les années 70. Il nous a fallu trois ou quatre jours pour enregistrer le premier titre parce que la console débloquait. »

Supergrass donne parfois l’impression de reprendre l’histoire là où il l’avait abandonnée avec Life on other planets. Il étale plutôt au final tout son savoir-faire. Rebel in you et The Return of… ont la légèreté d’un Alright. Les lascars ont toujours du In it for the money sous la pédale. Quant à la chanson d’ouverture, Diamond Hoo Ha Man, elle invite Jack White, ses White Stripes et ses Raconteurs au pays de la Britpop.

Moins sirupeux que Suede, plus farfelu que Blur et moins morveux qu’Oasis, Supergrass, un peu Buzzcocks, un peu Kinks, a toujours été notre préféré du mouvement. Le poil à gratter de Sa Majesté… Et ça n’est pas près de changer.

www.myspace.com/supergrass

JULIEN BROQUET

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