Louis Danvers
Louis Danvers Journaliste cinéma

La gamine épatante de Toto le héros s’est éprouvée sur les planches, avant de camper l’amoureuse passionnée de Sour Sourire dans le film de Stijn Coninx.

Il est faible de dire que l’on est heureux de retrouver Sandrine Blancke en évidence dans le film de Stijn Coninx consacré à Jeanine Dekkers, alias S£ur Sourire. Elle y interprète Annie, l’amante fidèle jusque dans la mort de l’héroïne campée par Cécile de France. Un personnage qui a les traits de l’amour, de l’espoir et d’une détermination à s’afficher tel qu’il est dans une société où l’homosexualité n’est pas encore – du tout – acceptée. Pour la native d’Uccle, révélée voici une petite vingtaine d’années dans le rôle d’Alice, la grande s£ur de Toto le héros, elle justifia, toute jeune encore, la confiance d’un Jaco Van Dormael épaté par sa justesse. L’actrice enfant a bien sûr fait du chemin depuis, une trajectoire qui ne prit pas toujours la forme d’un long fleuve tranquille… Après une adolescence marquée par des films comme Le Retour de Casanova (d’Edouard Niermans), L’Ombre d’un doute (d’Aline Isserman) et Le Fils du requin (d’Agnès Merlet), Sandrine s’en fut soutenir des courts métrages de jeunes réalisateurs, elle se montra aussi à la télévision, et prit des risques au théâtre qui lui apporta beaucoup et auquel elle ne donna pas moins. Restait à retrouver l’affiche d’un film ambitieux. A la surprise de la principale intéressée, ce fut donc S£ur Sourire

 » Je suis arrivée sur ce film tout à la fin du processus de casting, puisque j’ai passé l’audition à la fin du mois de juin et que le tournage a commencé en août. C’était à la toute dernière minute!« , explique la comédienne qui n’avait pour souvenir personnel de S£ur Sourire que celui du clip (lourdingue et remixé) de Dominique qui circula dans les années 80.

Couple atypique

 » Faute de temps pour faire des recherches sur la réelle Annie, je me suis lancée comme dans une fiction, sans souci de véracité objective, mais en cherchant la vérité du personnage et elle seule, poursuit Sandrine Blancke. La foi d’Annie, c’est sa foi en l’amour qu’elle porte à S£ur Sourire et la conviction que cet amour sera un jour partagé. C’est ce qui la guide, ce qui la rend patiente, sereine, toujours bienveillante et disponible. » Les  » différences de physique et de caractère » auraient pu rendre le couple avec Cécile de France difficile à jouer de manière crédible,  » mais la confiance qu’avait Stijn (Coninx) en nous a créé le climat propice« , commente encore l’interprète d’Annie,  » une femme très libre dans l’affirmation tranquille de son homosexualité, tellement montrée du doigt à l’époque. »

Sandrine Blancke a vraiment bien fait de ne pas renoncer à son métier de comédienne aux moments où cette idée lui traversa l’esprit. Remise en pleine lumière après être sortie émotionnellement épuisée de son travail au théâtre sur The Inner Worlds (l’audacieux diptyque de Claude Schmitz), l’ex-enfant prodige de Toto le héros semble aujourd’hui prête à relever de nouveaux et beaux défis.

Louis Danvers

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