Michel Verlinden
Michel Verlinden Journaliste

Tranches de vie – Entre avril et juin 2008, la photographe Ccil Michel a posé un container maritime sur la place Liedts à Schaerbeek. Drôle d’endroit pour des rencontres.

Serres du Botanique, 236, rue Royale, à 1210 Bruxelles. Jusqu’au 15/01.

Le collectif belge de photographes du nom de BlowUp s’est fait remarquer en 2006 lors d’une exposition au Botanique qui a fait courir un bon nombre de visiteurs et, dans la foulée, couler pas mal d’encre. A la suite de ce joli succès, ce travail s’est exporté en Espagne pour représenter la Belgique lors du prestigieux Festival PhotoEspana 2009. Parmi les talents, on n’était pas resté insensible au charme de Ccil Michel, jeune photographe engagée aux images émouvantes. Son parcours est de ceux qu’on aime. Diplômée de Saint-Luc à Liège, elle s’est rendue en 2000 dans les camps de réfugiés palestiniens pour y implanter un atelier photo. En 2002, c’est à Mostar qu’elle a réalisé une série d’images interrogeant cette géographie en reconstruction et encore hantée par la guerre. Le tout pour un art poétique qu’elle définit en ces termes:  » Ma photographie s’articule à travers mes expériences de vie. Elle révèle l’environnement dans lequel je voyage, j’explore, j’expérimente et rencontre l’autre… Tout un ensemble qu’il me plaît d’entrecroiser pour construire « un paysage ». Une approche qui se veut documentaire, qui exprime tout à la fois une relation entretenue avec le monde et une expérience singulière. »

De l’international au local

Après avoir parcouru le monde, Ccil Michel s’est attachée, entre avril et juin 2008, à un projet d’un autre genre. Celui-ci a consisté à imaginer un studio photo à l’intérieur d’un container maritime qu’elle a « parqué » place Liedts à Schaerbeek. A l’intérieur, la photographe et son appareil mais également deux preneurs de son au sein de ce qu’elle a baptisé Publik Container. Le concept? Libre aux passants, aux commerçants et aux habitants du quartier de venir s’y faire tirer le portrait, d’y raconter une histoire ou d’y enregistrer une musique. Chaque semaine, les portraits sont affichés à l’extérieur de la grande boîte en tôle. Le toit du container, quant à lui, sert de terrasse, point de vue inédit sur une géographie qu’on finit par ne plus voir. A la façon d’un pôle magnétique, la démarche de Ccil Michel a aimanté les habitants du quartier, trop contents de compter, trop heureux de pouvoir laisser la trace d’une tranche de vie dont ils pensent trop souvent – à tort – qu’elle est insignifiante. Les portraits présentés dans les Serres du Botanique sont sans détour. Ils expriment l’immédiateté d’un être. Entre complicités furtives et regards amicaux, la photographie y est un humanisme.

www.botanique.be

Michel Verlinden

Partner Content