Plus bas dans la vallée

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Avec sa petite centaine de pages, Plus bas dans la vallée, le texte qui ouvre le dernier livre de Ron Rash et lui donne son titre, réunit le meilleur des deux mondes: la nervosité de la nouvelle et l’amplitude du roman. Ce récit tendu comme un thriller se déroule en 1931 sur les pentes raides et boisées d’une parcelle de Caroline du Nord que la propriétaire des lieux, la redoutable Serena Pemberton (une vieille connaissance puisqu’elle était le personnage principal du roman Serena), entend bien raser avant l’échéance fixée par la compagnie forestière, peu importe les pertes humaines. Le compte à rebours est lancé dans cet univers coupé du monde. Entre les morsures de serpent, les accidents à répétition, l’épuisement des bûcherons et la lame affûtée du couteau de Galloway, bras droit zélé de la patronne, les hommes tombent plus vite que les arbres. Peu à peu, une terreur sourde s’installe sur le campement, prélude à une tragédie inéluctable. Une atmosphère de far west que l’on retrouve dans les autres nouvelles nettement plus courtes qui composent ce recueil, avec souvent des femmes aux avant-postes de la civilisation, comme dans Les Voisins, où une veuve tient tête à une bande de confédérés détrousseurs. Point commun de toutes ces histoires: des décors naturels dans lesquels sévit encore une forme de sauvagerie que débusque la plume aussi tranchante qu’une hache de ce talentueux conteur.

De Ron Rash, éditions Gallimard, traduit de l’anglais (États-Unis) par Isabelle Reinharez, 240 pages.

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