Myriam Leroy
Myriam Leroy Journaliste, chroniqueuse, écrivain

23.00 FRANCE 2

PRÉSENTÉ PAR FRÉDÉRIC LOPEZ.

Elle est portée aux nues autant que vouée aux gémonies. Reçoit la Légion d’Honneur et des Gérards du cinéma (trophées récompensant le pire du 7e art français). Fait rire d’elle et fascine à la fois. Dans Extraterrestre, le premier single de son tout nouvel opus, elle chante: « Je n’ai jamais eu d’âge », témoignant d’une belle lucidité sur un physique du troisième type, mêlant traits de Barbie et de mante religieuse. Arielle Dombasle (photo) est probablement la star française qui cultive le plus joliment les contradictions. C’est d’ailleurs son fonds de commerce. Comme elle dit « putain » d’un filet de voix de grande-bourgeoise, elle supplie son amant de la « prendre à la Néanderthal » en chuintant et injectant des accents circonflexes à chaque syllabe.

En promo pour son album Glamour à mort, réalisé avec les déjantés Philippe Katerine et Gonzales, la marquise des zarbs se prête aux côtés de Michel Drucker au jeu de Frédéric Lopez, à savoir l’interview dont les questions – et parfois, les réponses – sont soufflées par des proches, cachés en coulisses.

Personnalité protéiforme, l’épouse du philosophe Bernard-Henri Lévy a pondu un disque fluo où elle revêt des costumes de Barbarella et se balance sur des chevaux de bois. Un disque électro-pop absurde et rigolo, où elle dit vouloir mourir en Saint Laurent.

MYSTICISME

Superficiel, tout ça? Bien sûr. Et alors? Arielle, repérée au cinéma dans Perceval le Gallois d’Éric Rohmer en 1978, revendique une certaine profondeur dans la légèreté. Née il y a 51 ou 56 ans (selon les bios) au Mexique d’un père industriel et d’une mère bourgeoise, elle a gardé de son enfance latine une fascination pour le mystique et le spirituel. Pour le questionnement, en tout cas. Son album, elle le dédie d’ailleurs à Soeur Juana Inés de la Cruz, une carmélite du XVIIe siècle, poétesse et féministe, qui l’aurait inspirée. L’inclassable petite sirène – qui a été marquée au fer rouge par le cruel conte d’Andersen – est impressionnante d’érudition mais ne se gêne pas pour se dénuder le soir au Crazy Horse ou réaliser un film X pour Canal+. Au fond, elle fait ce qui lui plaît. Avec une grâce certaine et un don pour s’entourer: ses albums, ses spectacles, et ses rôles au cinéma sont tous taillés sur mesure pour une artiste aristo résolument illuminée.

Myriam Leroy

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