Louis Danvers
Louis Danvers Journaliste cinéma

Vent de panique – Un long métrage après les courts: Cheval, Cow-Boy, Indien et leurs joyeux complices ne se refusent décidément rien! Pour notre plus grand plaisir.

De Vincent Patar et Stéphane Aubier. Avec les voix de Stéphane Aubier, Jeanne Balibar, Véronique Dumont. 1 h 15. Sortie: 17/06.

Avec Patar et Aubier, la Belgique (et le reste du monde, soyons généreux!) possède un des duos comiques les plus irrésistiblement drôles ayant jamais tutoyé la machine cinéma. Certes, à la différence de Laurel et Hardy, de Jean Poiret et Michel Serrault, de Jerry Lewis et Dean Martin, ils ne s’affichent pas devant la caméra. Ils s’activent derrière elle. Et de leurs cerveaux inventifs, de leurs mains débrouillardes, naît un univers unique et hilarant. Leurs interprètes? Des figurines, des jouets! Leur style? Une animation ludique, anarchisante, un délire contrôlé façon montagnes russes mais avec plus qu’une pointe d’accent de chez nous. La saga de Panique au Village, entamée à coups d’histoires courtes carrément imparables, les a fait connaître au-delà des frontières du royaume. Succès aidant, la question d’un long métrage s’est bien sûr posée au burlesque tandem. Et leur réponse prend la forme d’un film largement réussi, qui vient d’avoir les honneurs d’une projection en avant-première mondiale au Festival de Cannes.

Avalanche de gags

Panique au Village, le film, nous fait retrouver Cheval, Cow-Boy et Indien, les héros de la série télévisée, mais aussi leurs complices tels l’irascible fermier Steven et son épouse Janine. Il nous fait découvrir un personnage aussi neuf qu’important: Madame Longrée, professeur de musique dont Cheval tombe très amoureux. Pour les très beaux yeux de cette élégante pouliche (qui a la voix de Jeanne Balibar!), notre canasson s’engage à suivre les cours du Conservatoire. Mais un concours de circonstances va lui faire rater séance après séance. Suite à une erreur de manipulation d’un ordinateur, ses amis Cow-Boy et Indien, qui voulaient lui construire un barbecue pour son anniversaire, vont commander non pas quelques dizaines mais bien un milliard de briques! De quoi générer un certain embarras, voir un embarras certain, chez les deux amis qui vont tenter de cacher leur (coûteuse) erreur à leur ami Cheval…

Le film démarre à toute allure, au rythme des courts métrages et avec une avalanche de gags, de situations comiques, rarement vue sur grand écran. Puis s’installe l’histoire, qui emmènera les sympathiques héros du film vers des aventures à rebondissements, et à conclusion… sous-marine. Il arrive qu’au c£ur de ce récit la tension baisse un peu, même si le montage parallèle, multipliant les visites à la classe de Madame Longrée, suscite à chaque fois de nouveaux accès d’hilarité, avec ses animaux apprenant la musique de manière de plus en plus déjantée. Le final de Panique au Village retrouve le chemin de l’accélération burlesque, de ce rythme allant crescendo et de cette abondance d’idées qui font le prix du travail de Patar et Aubier. Lesquels ont réussi leur passage au long métrage. Rien ne leur paraît impossible, désormais. Et nous attendrons leurs nouvelles aventures avec impatience!

http://www.paniqueauvillage.com

Louis Danvers

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