Michel Verlinden
Michel Verlinden Journaliste

Puissance 4 – Le 29 mai, le Foam programme pas moins de quatre expositions. En plus d’une thématique autour du livre photo, on pourra découvrir Massimo Vitali, Guy Tillim et Emilie Hudig.

Au Foam, 609, Keizergracht, à 1017 Amsterdam. Du 29/05 au 09/09.

Le Musée de la photographie d’Amsterdam est décidément l’un des lieux consacrés à l’écriture photographique les plus intéressants d’Europe. Il le prouve une nouvelle fois avec quatre événements programmés au même moment. Mark of Honour– A Striking Library ouvre le bal. Cette exposition thématique rend hommage au livre photo en montrant à quel point celui-ci constitue une source d’inspiration pour les photographes. Treize talents contemporains internationaux sont ainsi invités à révéler l’ouvrage fondateur de leur travail. On apprend ainsi que Harvey Benge en pince pour les volumes de William Eggleston, que Peter Granser adule les ouvrages de Robert Frank et qu’Alec Soth révère Human Being d’Andrea Modica. La scénographie de l’exposition reprend les ouvrages en question, les prises de vue originales, des dessins, des reproductions ainsi que des documents vidéo. Le tout pour une vision parfaite des différentes filiations à l’£uvre. En littérature, Barthes évoquait la question de l’intertextualité, on serait tenté de reprendre l’idée ici en affirmant que toute nouvelle photo est composée de toutes les images qui lui préexistent.

Massimo et Guy

Plus qu’intéressante, l’expo Mark of Honour n’est pourtant qu’une mise en bouche. Ce sont les £uvres de Massimo Vitali et de Guy Tillim qui constituent le plat de résistance de l’événement. Photographe italien né à Come en 1944, Massimo Vitali passe pour un puriste à l’exigence totale. Pour preuve, dans les années 80, il abandonne son art pendant plusieurs années en ce qu’il  » échouait à restituer toutes les subtilités du réel« , un réel complexe qui est sa grande obsession. Si son parcours lui a fait croiser le photojournalisme, ce sont des horizons moins engagés qui font aujourd’hui sa notoriété. Les plans larges qui sont sa marque de fabrique mettent en scène des horizons estivaux surexposés qui évoquent Gursky. On retrouve chez l’Italien la même densité et richesse d’images. L’£il se perd au milieu de scènes foisonnantes desquelles on retient un être humain réduit à l’état d’insecte grégaire. Avec Avenue Patrice Lumumba, Guy Tillim propose quant à lui les images d’une certaine architecture africaine de l’optimisme, celle qui a présidé à l’élaboration d’un monde post-colonial. Un univers décati qui malheureusement est aujourd’hui saigné à blanc.

www.foam.nl

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