Louis Danvers
Louis Danvers Journaliste cinéma

SPECTACULAIRE MAIS TROP GENTILLE: IL MANQUE À CETTE ADAPTATION DE TOLKIEN PAR PETER JACKSON LA NOIRCEUR ÉPIQUE DONT IL VÊTIT LA GÉNIALE TRILOGIE.

THE HOBBIT: AN UNEXPECTED JOURNEY

DE PETER JACKSON. AVEC MARTIN FREEMAN, IAN MCKELLEN, RICHARD ARMITAGE. 2 H 49. DIST: WARNER.

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L’attente, à la mesure du triomphe artistique et commercial de la trilogie de The Lord of The Rings, ne pouvait qu’être en partie déçue. Parce qu’il n’est pas aisé, même lorsqu’on a le talent fou de Peter Jackson, de se passer de l’effet de surprise de la première saga transposée de l’univers romanesque de Tolkien. Parce qu’aussi The Hobbit est à l’origine un livre destiné au public enfantin, et que le Mal n’y connaît pas les sombrement somptueuses et terrifiantes incarnations qui donnaient beaucoup de son piment à The Lord of The Rings. Jackson en était tellement conscient qu’il a voulu renforcer, corser le récit en y introduisant des personnages et des créatures maléfiques supplémentaires, tirées d’autres ouvrages de l’écrivain… Avec un résultat certes fort spectaculaire, où l’humour et l’action ne manquent point. Mais aussi quelques longueurs et répétitions qui empêchent de vibrer à l’unisson du film comme on pouvait le faire intensément au fil de la trilogie. Cette dernière étant, évidemment, un sommet du cinéma fantastique et d’aventures qui défiera toute comparaison pour bien longtemps encore!

C’est donc l’histoire de Bilbo, telle qu’il l’a consignée dans un manuscrit destiné à Frodo. Le récit de sa propre aventure de hobbit embarqué par le magicien Gandalf dans une équipée visant à aider des nains fort valeureux à reconquérir leur royaume perdu. Une mission qui ne saurait exister sans obstacles (prenant notamment la forme d’orcs et de trolls, en plus d’un dragon géant) mais aussi sans alliances (avec les elfes, initialement hostiles). Pour la version blu-ray, la haute définition 1080p s’imposait clairement. Le transfert est optimal, rendant justice au très beau travail sur l’image et à des effets spéciaux soignés aux petits oignons. On regrette évidemment que seule la version sortie en salles soit proposée dans le boîtier de deux disques. Il y en aura, connaissant Peter Jackson, une autre, plus longue, que le fan se devra d’acquérir quand elle viendra sur le marché, en se sentant peut-être un peu (beaucoup) contraint de devoir multiplier les achats de coffrets… Côté suppléments, cette première édition assure, avec une dizaine de vidéos tirées du journal de bord de Jackson. Lequel nous invite dans les coulisses de la production, depuis sa genèse jusqu’à sa révélation au public. Réalisés par le maître himself, ces « blogumentaires » ne manquent pas d’intérêt, même si une impression de déjà-vu peut parfois naître ici aussi. L’accès au téléchargement (ou à la vision en streaming) d’une copie digitale est bien sûr offert pour toute une série d’appareils y compris les plus mobiles. On évitera tout de même de regarder The Hobbit: An Unexpected Journey sur son GSM, la chose appelant un écran large, très large!

LOUIS DANVERS

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